L’Asie du Sud-Est « au fil du Mékong »

Colloque du CIMED Paris La Défense, 17 mai 2011

Compte rendu : docteur Brigitte BIARDEAU, ACMS

Serpents et autres animaux venimeux de la région

Max Goyffon, Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

La faune venimeuse des pays du Mékong est constituée à 70% de serpents, mais aussi d’hyménoptères (sans particularité), de scorpions et d’araignées.

Aucun scorpion n’est dangereux en Asie du Sud-Est malgré des espèces impressionnantes de 15 cm de long, dont la piqûre est néanmoins douloureuse.

Les araignées sont essentiellement des mygales arboricoles, n’approchant guère les hommes, ce qui limite le nombre de morsures. Ces dernières sont douloureuses mais sans danger sauf celle de Poecilotheria regalis.

Attention à ne pas écraser sur la peau les coléoptères du genre paederus dont l’abdomen et le thorax sont de couleur rouge orangée. Cela a pour effet de libérer une toxine irritante entraînant un érythème durant de 10 à 24 heures et guérissant en quelques jours. Ces moustiques constituent une gêne importante car ils sont attirés par les tubes fluorescents et passent à travers les moustiquaires.
La paume des mains et la plante des pieds sont respectées.
Il faut laver immédiatement à l’eau et au savon, la peau entrée en contact avec un Paederus.

La région est riche en serpents dont 20% seraient venimeux, responsables de 110 000 décès par an en Asie dont 60 000 en Inde.
On trouve des serpents arboricoles, des najas (très fréquents), des cobras de 4,50 m de long qui s’aventurent jusque dans les habitations et les temples.
Attention aux bongares annelés de jaune et de noir qui sont des chasseurs nocturnes et dont le venin est extrêmement dangereux.
Certains serpents marins ont un venin puissant mais leurs morsures concernent essentiellement les marins lors du tri du poisson pêché au filet. Attention néanmoins aux serpents marins qui viennent pondre à terre.
La sérothérapie reste indispensable dans les envenimations graves, mais actuellement l’accès aux sérums est difficile, ce qui constitue un handicap pour les populations locales. Une grave crise sévit dans la fabrication des sérums anti-venimeux (moins de producteurs et moins de variétés de sérums fournis).
Les seuls producteurs de la région sont en Thaïlande, en Inde ou en Australie mais pour certaines espèces seulement.
La France dispose d’un fabricant (Sanofi Pasteur, division vaccins du groupe Sanofi Aventis) et propose une formation à l’utilisation de ces sérums au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.