Comment construire ensemble un Projet de Service pour répondre aux besoins en Santé au travail ?

48e journées Santé-Travail du CISME* Paris, 18-19 octobre 2011

Compte rendu : docteur Brigitte BIARDEAU, ACMS

*Centre Interservices de Santé et de Médecine du travail en Entreprise

Susciter des vocations

L’expérience du Pôle Santé Travail de Lille

La pénurie de médecins du travail était annoncée. Elle est maintenant effective et de nombreux services de santé ont fait mention de cette carence qui perturbe quoi qu’on en dise le fonctionnement de ces services. L’enthousiasme pour l’élaboration du projet d’équipe s’épuise quand la pénurie de médecins du travail retentit sur le moral de l’équipe.
Aux yeux de la loi, ces médecins constituent bien la colonne vertébrale des équipes pluridisciplinaires. Afin de susciter des vocations, le Pôle Santé Travail de Lille a mené une expérience intéressante avec « la Catho », faculté de médecine privée, et est devenu ainsi terrain de stage. Chaque année, un étudiant sera accueilli, « tutoré » et découvrira les multiples facettes du métier. Après que le service ait été présenté à ‘l’ensemble de la promotion des « DCEM 4 » en début d’année universitaire, une étudiante qui a choisi, après le stage et les « épreuves classantes nationales » (ECN), la Médecine du travail, est venue témoigner de son expérience.
Cette démarche très positive gagnerait à être déployée dans toute la France. Il convient en effet de lutter contre les a priori ancrés (sont-ce de vrais médecins s’ils ne prescrivent pas ?) et de présenter ce métier inconnu aux étudiants mais positif en termes de diversité des activités au quotidien, de liberté dans l’exercice de la profession, de collectif de travail, de confort dans les conditions de travail et de qualité de vie.

Relever de nouveaux défis

Jean-François CAILLARD, PU-PH, Service Médecine du travail et Pathologie professionnelle, CHU de Rouen, Président de séance de la dernière session a conclu ainsi :

Il ne faudrait pas que le service offert se délite.
Les médecins entrés dans le métier il y a plus de 36 ans avaient la mission de prévenir toute altération de la santé et leur responsabilité était immense.
Les missions sont maintenant partagées. La médecine du travail va-t-elle « en voir 36 chandelles » ?
Il ne faut certes pas y voir la mort de la médecine du travail mais une métamorphose de la profession. La réglementation va permettre d’évoluer. Certains médecins le regrettent, d’autres « sentent le vent d’une nouvelle vie », les derniers se sentent soulagés.
Un nouveau challenge s’offre à tous les participants. Il faut accueillir les nouveaux professionnels (avec leur atout essentiel qui est leur jeunesse), catalyser les nouvelles coopérations dans un cadre non forcément hiérarchique.
Tous les talents sont appelés pour participer au choix des Projets de Service sur des risques identifiés par les médecins du travail.
Si les services ne sont par force de propositions, qu’adviendra-t-il ?
Les SIST doivent se mobiliser et faire preuve d’imagination pour attirer les jeunes étudiants vers la carrière de médecin du travail.
Le rôle des gestionnaires est également important : offrir les ressources nécessaires en moyens humains, financiers et logistiques.

Mais « le nombre inhabituel de participants n’incarne-t-il pas le souffle qui anime cette profession ? » a conclu de manière très positive, Monsieur Jacques TEXIER.