Comment construire ensemble un Projet de Service pour répondre aux besoins en Santé au travail ?

48e journées Santé-Travail du CISME* Paris, 18-19 octobre 2011

Compte rendu : docteur Brigitte BIARDEAU, ACMS

*Centre Interservices de Santé et de Médecine du travail en Entreprise

Comment réussir son projet de Service ?

De très nombreux projets présentés

Tous les projets proposés lors des ces Journée visaient des domaines différents mais tous répondaient aux besoins des adhérents et des salariés. Les objectifs concernaient notamment :

  • la réponse aux enjeux d’évolution de la santé au travail et le renforcement de l’efficacité collective,
  • la place de chaque métier dans l’équipe pluridisciplinaire et la coordination des actions de manière pertinente,
  • le diagnostic territorial,
  • la communication ciblée dans le but de sensibiliser les adhérents et leurs salariés aux risques professionnels et aux indicateurs,
  • l’intégration des infirmières,
  • la création du poste d’Assistante en santé au travail (AST),
  • les relations fonctionnelles services médicaux/IPRP,
  • les objectifs qualitatifs de santé plutôt que quantitatifs, c’est à dire comment assurer au mieux le suivi médical des salariés eu égard aux ressources disponibles,
  • les offres de services, concernant notamment les risques psycho-sociaux (RPS),
  • l’informatique, outil d’optimisation,
  • le suivi des intérimaires, etc.

Mais un cheminement commun

Un état des lieux

C’est le point de départ indispensable du Projet. Il doit :

  • définir les besoins et les attentes des employeurs et des salariés,
  • définir les besoins et les attentes du personnel des SST,
  • mieux comprendre les identités professionnelles (car un vécu différent induit des comportements dissemblables),
  • tenir compte des organisations professionnelles, du Plan Santé - Travail (PST), du Plan Régional Santé - Travail (PRST), des Conventions d’objectifs et de gestion (COG),
  • être construit avec la CMT (commission médico-technique) élargie, avant la validation par le Conseil d’Administration et la Commission de contrôle,
  • suivre une démarche, animée et suivie par le Comité de Pilotage.

Des groupes de travail

Ils seront constitués :

  • avec des volontaires en incluant des acteurs de terrain, accompagnés par les services formation et qualité. La formation à la gestion de projet est un pré-requis indispensable au lancement.
  • Il faut « un pilote dans l’avion » et un animateur dans chaque groupe de travail, ce dernier devant avoir une compétence reconnue par le groupe. Ils respecteront certaines contraintes :
  • tiendront compte des indicateurs,
  • s’interrogeront sans cesse sur : pour qui le Projet est mis en œuvre ? Et pourquoi ?
  • vérifieront que les actions du Projet correspondent bien à des besoins en santé au travail,
  • mesureront les moyens à mettre en œuvre (moyens financiers, moyens humains, temps),
  • réaliseront des points d’étape comportant des objectifs intermédiaires.

Des ressources suffisantes

en moyens humains, matériels non seulement lors de l’élaboration du projet mais aussi sur le long terme.

Une communication efficace

  • interne permettant de maintenir l’adhésion et l’implication de l’ensemble des personnels,
  • et externe, destinée aux entreprises, employeurs, salariés, correspondants externes et l’ensemble des parties prenantes.

Elle doit être planifiée y compris dans l’estimation des ressources nécessaires. Un de ses objectifs est de VALORISER le projet.

Son élaboration selon une démarche précise

  • définir objectivement les besoins des différentes parties prenantes en termes de prévention, santé au travail, maîtrise des risques professionnels et au sens large santé publique,
  • définir les orientations stratégiques en adéquation avec les priorités des plans nationaux,
  • définir des objectifs de projet qui soient réalistes, mesurables et hiérarchisés (en cohérence avec la stratégie financière),
  • définir des plans d’action qui intègrent une mise en adéquation des ressources et des compétences avec les objectifs.

Un suivi et une évaluation

assurés par le Comité de pilotage, en se rappelant les principes suivants :

  • viser l’efficacité.
  • ne pas aller trop vite, fixer un calendrier et des priorités.,
  • agir, expérimenter et pouvoir revenir en arrière,
  • ne pas laisser le projet s’endormir.

Les facteurs clés de la réussite

  • l’implication du Conseil d’administration et son soutien sans faille au Projet
  • la proposition d’une offre de service justifiée, adaptée, validée et suivie,
  • la contribution active de chaque membre de la CMT à la construction du Projet, et que chacun soit source de propositions,
  • le renforcement des moyens humains et le dégagement de temps,
  • une stratégie financière adaptée,
  • une politique de formation et d’implication du personnel pour l’associer au projet,
  • le respect du rythme de chacun afin de ne laisser personne au bord du chemin,
  • le respect des singularités et l’intégration des différences,
  • un engagement professionnel,
  • la complémentarité des acteurs, avec une vision commune partagée explicite ou implicite,
  • des relations de confiance et de respect mutuel,
  • des échanges facilités, des explications suffisantes, une coopération indéfectible,
  • des facultés d’adaptation, d’ouverture et de créativité.

Les difficultés rencontrées

  • le manque de temps,
  • la réglementation,
  • la culture d’indépendance,
  • les cultures d’origine,
  • la résistance au changement,
  • les exigences de certaines entreprises.

Le ressenti des acteurs du projet Les résultats sont positifs : le travail en groupe est apprécié et redonne du sens au métier. Il évite l’isolement et permet l’échange des savoir-faire et l’harmonisation des pratiques. Il renforce la collaboration et favorise cohérence et crédibilité des actions. L’image du Service s’en trouve renforcée.