Pratique du médecin du travail face au risque allergique respiratoire

chez les apprentis boulangers, pâtissiers et coiffeurs Nicole ROSENBERG***, Caroline WARGON*, Jacques ALCOUFFE*, Pierre-Yves MONTÉLÉON**
* médecin du travail ACMS
** conseiller technique du Comité d’Etudes Epidémiologiques de l’ACMS
*** consultante de Pneumoallergologie professionnelle au Centre de Consultations Spécialisées de l’ACMS

Résumé

Objectif : Evaluer l’attitude pratique des médecins du travail face au risque allergique respiratoire chez les apprentis boulangers, pâtissiers et coiffeurs et son impact sur leur avenir professionnel.

Matériel et méthode : étude épidémiologique comportant 3 enquêtes par questionnaire :
a) Recensement des apprentis.
b) Enquête rétrospective sur dossier médical pour les apprentis terminant leur formation en 2005.
c) Enquête transversale au cabinet médical pour les apprentis débutant leur formation en 2005.

Résultats :
a) Les 138 médecins enquêteurs ont recensé 713 apprentis : boulangers (13,3 %), pâtissiers (25,7 %) et coiffeurs (61,0 %).
b) Parmi les 124 apprentis de l’enquête rétrospective 12 % avaient des antécédents personnels d’atopie, 4 % étaient asthmatiques, 2 ont bénéficié d’une consultation spécialisée et 58 d’EFR ; tous ont été déclarés aptes. Les lieux de travail avaient été préalablement visités (81,5 %) par les médecins du travail et jugés avec une aspiration et une ventilation adéquates (61,3 %).
c) Des 136 apprentis de l’enquête transversale 35,7 % avaient des antécédents personnels d’atopie, 6,4 % étaient asthmatiques, 8 ont bénéficié d’une consultation spécialisée et 86 d’EFR ; 1 seule inaptitude a été prononcée, pour un motif autre que l’allergie. Les apprentis étaient plutôt motivés et satisfaits de leur formation actuelle (86,0 %). La plupart des lieux de travail (73,2 %) avait été préalablement visitée par les médecins du travail et jugée avec une aspiration et une ventilation adéquates (56,1 %).

Conclusion :
On peut supposer qu’il y a eu un effet didactique de la participation à ces enquêtes par l’utilisation de questionnaires ciblés avec pour résultat une fréquence plus grande de la pratique ou de la prescription d’examens complémentaires constatée dans l’enquête (c). Les médecins du travail pratiquent ou prescrivent davantage d’examens complémentaires pour les apprentis déclarant des antécédents d’allergie. Ils délivrent néanmoins systématiquement un avis positif d’aptitude quel que soit le statut allergique de l’apprenti. Les médecins du travail ont probablement été influencés dans leur décision d’aptitude par des conditions de travail qu’ils ont souvent jugées bonnes, d’autant que les apprentis sont motivés par le métier choisi et plutôt satisfaits par leur première expérience professionnelle.