Cordonnier d’hier et d’aujourd’hui

Au XIXe siècle

Durant l’empire, la botte triomphe, la botte de NAPOLÉON foule le monde, son talon écrase les résistances, frappe les sols conquis, s’incruste dans la neige glacée de la campagne de Russie. Tout le monde est botté, éperonne du matin au soir, du soir au matin. Puis l’ Empereur est exilé, la Paix revient mais la botte reste. Elle s’assouplit, elle diminue en proportion, mais elle persiste.

Sous le second Empire, c’est la bottine qui triomphe, de cuir ou de tissu, ornée quelquefois de broderies ou de galons. Le talon refait alors son apparition avec un aspect différent de celui de l’Ancien Régime. Celui-ci a alors la forme d’une demi bobine se plaçant à l’extrémité postérieure de la semelle. Par ailleurs, une pièce métallique soutenant le pied est introduite sous la voûte plantaire (lieu d’implantation de l’ancien talon). La tige de la bottine, quant à elle, se hisse jusqu’à la naissance du mollet.

Être cordonnier, à cette époque, c’était non seulement réparer les chaussures, mais aussi fabriquer des souliers neufs. C’était dans une échoppe souvent étroite que cet artisan exerçait son métier. Là y foisonnaient des outils parfois curieux comme : une grosse pierre lisse servant à battre le cuir, un « pied de fer », une petite enclume à pied en bois serrée entre les genoux et une grande pince à monter, un pied à coulisse gradué en points, un marteau avec aspect bossu...

A partir de 1850, dans certaines villes comme Romans (Drôme), pendant plus d’un siècle, la production de chaussures fut l’activité quasi exclusive. De nombreuses tanneries et mégisseries y étaient implantées depuis quatre siècles. D’artisanale, la production de chaussures se développa pour devenir industrielle avec la généralisation de l’électricité.