Cordonnier d’hier et d’aujourd’hui

Cordonnier d’hier

A la préhistoire

Dans la période se situant entre 70 000 et 10 000 avant J.C., l’homme de Néandertal possédait des armes et des outils de pierre. D’après les chercheurs, son corps étant couvert de poils dès sa naissance, il n’avait pas besoin de vêtements. Selon d’autres spécialistes, le déluge se produisit vers l’an 8000 avant J.C., entraînant un véritable chambardement climatique. Le soleil brillait avant d’une façon quasi continue ; il fut remplacé par des alternances de plus en plus fréquentes de pluies puis de soleil. Le froid s’intensifiant, l’homme prit l’habitude de se couvrir pour dormir. A cela s’ajouta l’évolution génétique de l’homme : commençant à perdre son importante pilosité, il fut obligé de se couvrir pendant les périodes froides. Ses besoins en peaux augmentèrent, puisqu’il les utilisait à la fois comme toit mais aussi pour se protéger de la pluie et du vent. C’est la raison pour laquelle il chassa de plus en plus et chercha le moyen de prolonger la vie des peaux qu’il utilisait.

Le début de la conservation des cuirs se situe vers 5000 avant J.C. L’homme les dégraissait avec de l’argile puis les salait ; il pouvait ainsi les conserver beaucoup plus longtemps, surtout lorsqu’il les utilisait sous un abri ou une hutte, ou tendues à l’entrée des grottes pour empêcher les bêtes de pénétrer. En combinant sel et fumée, leur durée de vie devenait encore plus longue. A la même époque, dans les pays froids, l’homme enduisait les peaux brutes avec des huiles et des matières grasses additionnées d’urine. HOMÈRE l’évoquait dans ses poèmes.

L’histoire de la chaussure remonte, quant à elle, à la naissance de l’homme. Avant d’éprouver le besoin de se couvrir, soit par pudeur, soit pour se défendre du froid, il chercha à protéger son pied du contact fort rude de la terre : l’homme préhistorique l’enveloppait d’une peau de bête et y ajustait une semelle faite d’écorce ou de bois. La peau était percée de quelques trous dans lesquels passaient de solides lanières qui tenaient le coup de pied et la cheville. Ainsi la chaussure at- elle accompagné, au fil des siècles, l’évolution historique et sociologique de l’Humanité.