Cordonnier d’hier et d’aujourd’hui

Dans l’antiquité

Le cuir

C’est vers 2200 avant notre ère, que NEMRAMUS, un savant du peuple des Hittites (marchands du Sinaï) réussit un procédé de tannage en utilisant des bains d’alun avec de la poudre de roche venant d’un petit village de Syrie (Rocca). Pendant près de 1 000 ans, ce peuple fut le seul à savoir tanner le cuir et sa prospérité fut en grande partie basée sur ce secret. Plusieurs peuplades Sémites se mirent à fabriquer des sandales en cuir pour protéger leurs pieds et enterrer leurs morts dans des peaux cousues, comme des momies.

Puis vers l’an 1000 avant J.C., les Carthaginois percèrent le secret du tannage, et l’adaptèrent aux peaux de moutons : ils devinrent ainsi les premiers mégissiers et installèrent un grand centre de production de cuirs d’ovins dans le delta du Rhône, à proximité de Marseille.

Puis les Étrusques, descendants directs des Hittites, s’installant en 700 avant J.C. dans le centre de l’Italie, développèrent la qualité de leurs cuirs de façon telle que pratiquement tous les autres producteurs durent cesser leur activité.

En raison de l’écroulement de l’empire romain, les grands centres installés par les Étrusques,

Carthaginois et Hittites disparurent. Les Sumériens furent parmi les premiers à équiper leurs armées de protections de cuir, suivis des Babyloniens et des Assyriens. Les tanneurs pratiquaient un travail peu respecté à l’époque (premiers Romains...). Il fallut attendre 300 avant J.C. pour qu’ils acquièrent renom et célébrité, grâce à l’amélioration du procédé rendant les cuirs plus souples et sans odeurs, et à la rareté du cuir tanné qui en fit dès cette époque un produit recherché. Avec les guerres gallo-romaines, les échanges furent de plus en plus limités entre les différentes régions et progressivement le travail du cuir régressa. La pénurie en matière première était telle à Rome que les Romains exigeaient de leurs vaincus des tributs en cuirs et en fourrures. Le déclin du cuir s’installa pour 1 000 ans.

La chaussure

Dans l’Egypte pharaonique, on portait des sandales  : chaussures plates à lanières, adaptées aux conditions climatiques et géographiques. Confectionnées en paille tressée, en lanières de feuilles de palmier ou de papyrus, en jonc ou en roseaux des marécages, en or pour les notables et les pharaons, elles étaient des objets de luxe.

Les Grecs, quant à eux, portaient des spartiates. En Grèce antique, la sandale était la chaussure la plus courante, portée par hommes et femmes, avec une semelle de cuir ou de liège d’épaisseur variable et des courroies permettant son maintien au pied. Elle possédait des cordonniers de renom : le général ALCIBIADE exerça l’art de la cordonnerie. IPHICRATE né en 415 avant J.C., fils de cordonnier, se tourna vers l’art de la guerre à 20 ans et créa un modèle de chaussures pour ses soldats : les iphicratides. Le cordonnier courroyeur Simon D’ATHÈNES refusa de suivre PÉRICLES à la tête de la République Grecque.

A Rome, héritière directe de la civilisation grecque dont elle subit l’influence, les chaussures romaines différaient peu des chaussures grecques. Elles y étaient néanmoins un indice de rang et de fortune. Certains Patriciens portaient des semelles en argent ou en or massif, les Plébéiens se contentant de sabots ou de rustiques souliers à semelles de bois, alors que les esclaves n’avaient pas le droit de porter des chaussures, marchant les pieds nus enduits de craie ou de plâtre. L’empereur CALIGULA fit chausser son armée avec la « caliga » : chaussure militaire qui était une sorte de sandale avec une épaisse semelle de cuir ferrée de clous pointus, maintenue au pied par des lanières. La « galica », ancêtre de la galoche, était un soulier gallo-romain fermé à semelle de bois.

Les Romains portaient également des sandales appelées solae ou calcei. Dans les régions froides de l’empire, ils étaient chaussés de bottes (caligae) ou de chaussures fermées. Pour se délasser, ils portaient des pantoufles (socci).

Les cordonniers fabriquaient également de superbes mules en cuir brodé et des sandales.

Les Coptes préféraient les chaussures fermées. Comme dans l’antiquité égyptienne, le talon était inconnu des Coptes, où chaussures, bottes et sandales étaient toujours à semelles plates.

Les documents abondent, montrant des êtres de la mythologie grecque ou étrusque nus mais chaussés pourtant de la crépide, sorte de sandale aux lanières artistiquement enroulées autour de la jambe, tant pour retenir la semelle que pour décorer l’individu : c’était le début de la botte, élégante et pratique à la fois.