Cordonnier d’hier et d’aujourd’hui

Évolution de la prévention des risques et contraintes en cordonnerie

La responsabilité juridique du chef d’entreprise est accrue par de nouvelles obligations en matière de prévention des risques professionnels.

L’évaluation des risques constitue un moyen essentiel de préserver la santé et la sécurité des travailleurs  : le médecin du travail a un rôle de conseil pour cette évaluation et dans la mise en oeuvre des moyens de prévention les plus adaptés (dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail).

Les pathologies les plus fréquemment retrouvées sont :

Les risques d’accidents

— D’ordre traumatique

Le plus souvent ce sont des affections traumatiques de la main à type d’abrasions, de coupures (avec la machine banc...) et de piqûres (machine à coudre...).

Les blessures peuvent être parfois très graves, lors de l’utilisation : des outils (clous, cisailles, pince coupante, marteau, tranchet...), des machines en fonctionnement (banc multifonction, machine à coudre, presse à souder, perceuse à colonne...) et surtout des outils pneumatiques (presse pneumatique, pistolet à clous, machine à oeillets) constituant une urgence.

Des projections oculaires de corps étranger dans la partie externe de l’oeil sont souvent signalées (métalliques, de cuir, plastique, poussières...) : elles ne doivent pas être négligées compte tenu des risques de surinfection (présence de déchets divers sur les souliers). Il peut aussi s’agir de projections de produits chimiques (colles, solvants de nettoyage, teintures pour chaussure...).

Les chutes sont favorisées par l’espace de travail, souvent restreint donc encombré, la simultanéité des taches due à la contrainte de temps et le manque d’éclairage.

Ces accidents peuvent être prévenus par une meilleure planification des tâches, la conception d’un éclairage adapté et sa maintenance (nettoyage), l’utilisation d’outils à mains en bon état, le port de gants et de lunettes de protection, des carters de protection sur les machines.

— D’ordre chimique ou/et électrique

L’utilisation de solvants inflammables, à proximité des machines, augmente le risque d’explosion, d’incendie et de brûlures (étincelles ou accidents électriques).

Les matériels électriques doivent être utilisés avec soin en évitant les échauffements ; leurs emplacements doivent permettre de les protéger contre l’humidité, les poussières et les chocs ; les machines doivent être entretenues régulièrement en les débranchant pour toute opération de nettoyage  ; en outre, chacune doit comporter un dispositif d’arrêt général à portée de main, un dispositif d’arrêt d’urgence, un dispositif à manque de tension et une mise à la terre.

Une vérification annuelle de la conformité électrique des installations est obligatoire (décret du 14 novembre 1988) et doit être réalisée par un intervenant habilité (artisan électricien ou organisme agréé).

Des extincteurs adaptés et signalés, chacun, par pictogramme (précisant l’agent qu’il contient et le type de feu sur lequel il est utilisable) doivent être facilement accessibles et maintenus en bon état de fonctionnement. Une vérification annuelle des extincteurs est exigée par le Code du Travail.

Afin d’assurer une évacuation rapide et une intervention efficace en cas de départ de feu, il faut prévoir l’affichage du numéro de téléphone des pompiers et du plan d’évacuation des lieux, le dégagement des voies d’accès et de circulation pour les services de secours.

Le personnel doit être informé sur les symboles et indications de danger des substances et préparations dangereuses, le fonctionnement des extincteurs et les consignes à suivre en cas de début d’incendie. Cette information peut être complétée par des exercices périodiques d’évacuation.

Les produits chimiques doivent être rangés dans une armoire anti-feu.

Les « Conduites à tenir en cas d’urgence », rédigées par le médecin du travail, doivent être affichées  ; l’entreprise doit aussi disposer d’une arrivée d’eau avec douche oculaire et d’une trousse de soins de premiers secours.