Bijoutier

Description du poste de bijoutier-joaillier

La fabrication des bijoux

Elle comprend différentes étapes.

Le croquis et la maquette

  • Le croquis : un bijou (alliance, bague de fiançailles) naît sous le crayon d’un créateur.
    Ce simple croquis peint ensuite à la gouache, constitue une première dimension artistique et la base du processus de réalisation.

  • La maquette : Le dessin est transmis à un maquettiste qui interprète le dessin en trois dimensions en sculptant la monture dans la cire ou la résine acrylique en respectant les impératifs techniques.
    La cire est dégraissée avec du trichloréthylène.

Le moulage

La maquette est confiée au fondeur qui procède au moulage par pression dans un bloc de caoutchouc. Le moule en caoutchouc obtenu permet d’obtenir des maquettes en cire.

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Illustration : Le fondeur découpe le moule en caoutchouc autour de la maquette
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Illustration : La cire est pressurisée dans le moule en caoutchouc afin de créer une maquette en cire
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Illustration : La maquette en cire

Une fois achevée, la maquette en cire est placée avec d’autres sur un arbre à cire, moulé dans un plâtre spécial.

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Illustration : L’arbre est moulé dans un plâtre spécial
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Illustration : L’arbre à cire
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Illustration : La cire perdue
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Illustration : Les moules sont placés dans un four afin que la cire s’écoule
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Illustration : Le moule vide est placé dans l’appareil pour y fondre l’or

Le métal en fusion est ensuite injecté sous haute pression.

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Illustration : Le métal est fondu puis injecté sous haute pression dans le moule

Après refroidissement, le moule est brisé et l’objet à l’état brut est libéré. Il va pouvoir être retravaillé en atelier, afin qu’en soient améliorées les finitions.

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Illustration : Arbre en métal

Le travail en atelier

Le poste de travail est typique, conforme aux archétypes de la profession. Il comprend un établi en bois échancré permettant à l’ouvrier de s’approcher et de reposer le bijou qu’il travaille sur la cheville (petite avancée centrale en bois). Sous l’établi, un espace est prévu pour accueillir les différents outils de travail : gouges, limes, fraise électrique. A droite, existe un poste à soudure fonctionnant au butane associé à l’oxygène. Une lampe individuelle, équipée d’une loupe intégrée est située à environ 40 cm au dessus du plan de travail.

Le bijoutier est assis sur une chaise dont la hauteur peut être modulée, mais qui est réglée en position basse. Dans l’échancrure de l’établi, est fixé un tablier en peau, reposant sur les cuisses de l’ouvrier et permettant de récupérer les poussières d’or.

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La pièce repose sur la cheville.

La forme du bijou est alors perfectionnée à l’aide de pinces, limes, brosses, fraise électrique, scies...

Illustration : Limage de la monture

Le bijoutier fabrique les accessoires avec des rubans ou des fils de métaux précieux en utilisant le laminoir ou le tire-fils.

Illustration : Le laminoir

Le laminoir est composé de deux cylindres cannelés, tournant l’un au-dessus de l’autre en sens inverse et fixés dans un bâti. L’intervalle qui les sépare est réglable, permettant de choisir l’épaisseur d’un fil de section carrée ; il sera ensuite affiné à l’aide du banc à étirer ou tire-fils.

Illustration : Le tire-fils

La filière à étirer est une plaque métallique percée de trous coniques aux diamètres décroissants, dans lesquels passent les fils d’or, d’argent ou de cuivre destinés à être affinés.

Le trou se nomme pertuis, l’entrée : embouchure, et la sortie : oeil.

Entre deux battes de bois, une chaîne galle sans fin est manoeuvrée par le pignon d’une manivelle.

Le fil à étirer est cramponné dans une pince à étirer : la « grenouille », qui, par un mors, peut s’accrocher à cette chaîne ou s’en décrocher.

L’ouvrier assemble ensuite les pièces entre elles par soudage après les avoir trempées dans le collobore mis dans une coupelle pour empêcher l’oxydation du métal.

La soudure est réalisée par brasure, par apport de petites pièces métalliques (alliages d’or permettant d’avoir des points de fusion différents et ainsi des brasures successives sans que l’une n’altère la précédente).

Illustration : Soudure avec écran de protection

Régulièrement et notamment après chaque soudure, le bijou est nettoyé par trempage dans une casserole de cuisine, chauffée sur une plaque électrique, surmontée d’une hotte aspirante. C’est le dérochage (solution d’acide sulfurique à 15%). Puis le bijou est rincé et séché dans de la sciure.

D’autres produits ou techniques peuvent être utilisés pour le nettoyage, tels l’ammoniaque ou le bain à ultrasons (bain d’ammoniaque ou de soude), voire du trichloréthylène.

Illustration : Dérochage

Illustration : Bac à ultrasons (bain d'ammoniaque)

Le polissage (sous système d’aspiration) intervient après la soudure et le dérochage.

C’est une étape méticuleuse réalisée en deux temps : dégrossissage et avivage, à l’aide de disques en feutre contenant du crin de cheval, actionnés sur des tours électriques (2000 tours/minute). Ils sont enduits d’une pâte abrasive de différents types : potée rouge, potée en étain.

Illustration : Électrolyse

Le dépôt de platine sur le métal se fait par rhodiage : blanchissement du métal par électrodéposition à faible température et à basse tension avec utilisation de l’Acidor® en bain.

La touche finale est le polissage, étape à l’issue de laquelle le métal parfaitement lustré donne tout son éclat.

Illustration : Le polissage final

Le sertissage

Lors de cette étape, le sertisseur fixe les pierres précieuses sur la monture par différents moyens : le serti à griffes, le serti clos, le serti demi-clos, le serti massé, le serti à grains.

Dans cet atelier, le sertissage est sous-traité.

Illustration : Sertissage du diamant

Le poinçonnage

Afin de finaliser la fabrication ou réparation, chaque bijou de plus de 3 g reçoit deux poinçons : le poinçon de Maître (celui de l’atelier) et le poinçon d’Etat qui garantit le titrage des métaux.

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Illustration : Le poinçonnage

Or 18 carats : tête d’aigle
Platine : tête de chien

La réparation des bijoux

Ce travail reprend chacune des étapes de la création d’un bijou, c’est à dire : le nettoyage, le rhodiage, le polissage, les soudages.

Le bijoutier découpe la forme dans une plaque de métal, en le martelant ou en le laminant après avoir chauffé le métal au chalumeau qu’il refroidit avec de l’alcool à brûler.

Dans certains procédés de réparation, voire d’élaboration, des colles cyanoacryliques peuvent être utilisées.

La récupération des poussières d’or : affinage

Les cendres, les poussières de l’atelier et du bac de décantation de l’évier, de même que les filtres des aspirations des bancs de polissage sont brûlés dans des creusets afin de récupérer les poussières d’or qui seront coulées dans des lingotières.

Cette récupération se fait également en utilisant l’eau de régale (mélange de 3 volumes d’acide chlorhydrique + 1 volume d’acide nitrique) permettant de séparer l’or des impuretés.