Devenir des jeunes (18 à 25 ans) boulangers, pâtissiers et coiffeurs ?

Nicole ROSENBERG, Caroline WARGON, Jacques ALCOUFFE et Pierre-Yves MONTÉLÉON, ACMS

Résumé

Objectif :

Nos travaux précédents sur les apprentis boulangers, pâtissiers et coiffeurs ont mis en évidence que 24 % de ceux-ci étaient atopiques et cependant déclarés aptes. Notre étude a pour objectif de décrire le devenir professionnel et l’état de santé des jeunes de ces professions et de comparer les atopiques aux non atopiques.

Méthode :

Enquête de cohorte dynamique de janvier 2007 à novembre 2009, réalisée au cabinet médical au moyen d’un questionnaire nominatif déclaré à la CNIL. L’analyse des données a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS®.

Résultats :

Sur les 149 questionnaires saisis par les 16 médecins enquêteurs, 140 ont pu être exploités. Les 121 jeunes inclus dans la cohorte étaient boulangers (17,4 %), pâtissiers (33,9 %), boulangers-pâtissiers (3,2 %) et coiffeurs (45,5 %). Les professions de la farine (N = 66) étaient presque exclusivement masculines (6 pâtissières) contrairement aux métiers de la coiffure (N = 55), presque exclusivement féminins (5 coiffeurs). Lors de l’inclusion, les atopiques étaient 36,4 %. Les jeunes (atopiques et non atopiques) qui ont été revus (11,6 %) sont restés dans la profession et ont, à une exception près, été déclarés aptes. Parmi ceux-ci, deux ont présenté un eczéma : un pâtissier (non atopique) et une coiffeuse (atopique) qui a été déclarée inapte. Il n’a pas été trouvé de différence significative entre les atopiques et les non atopiques tant pour l’état de santé que pour le devenir professionnel ; à noter cependant que les conditions de travail ont été jugées par les médecins enquêteurs, significativement moins satisfaisantes pour les atopiques (p<0,05).

Conclusion :

La population suivie, entreprises et salariés, peu stable, et la nécessité d’adaptation aux évolutions réglementaires du suivi médical ne facilitent pas, malgré la motivation des médecins enquêteurs1, le suivi de cohorte en service interentreprises, qui s’avère difficile.

Abstract 

The difficulties faced by an interprofessional service following a cohort: what happens to young (18- to 25-year-old) bakers, pastry chefs and hairdressers?

Objectives

Our previous studies showed that 24% of trainee bakers, pastry chefs and hairdressers had atopy but were declared fit to work. The aim of this study was to describe the professional outcome and state of health of apprentices in these professions, comparing individuals with and without atopy.

Methods

This dynamic cohort study was carried out between January 2007 and November 2009 at the occupational health physicians’ offices, with a nominative questionnaire authorised by the CNIL (the French data protection agency). Data were analysed with SPSS® software.

Results

We were able to analyse 140 of the 149 questionnaires completed by the 16 participating doctors. The 121 young adults included in the cohort were bakers (17.4%), pastry chefs (33.9%), baker/pastry chefs (3.2%) and hairdressers (45.5%). Most of the bakers and pastry chefs (N = 66) were men, with only six female pastry chefs. Conversely, most of the hairdressers (N = 55) were women, with only five male hairdressers. At inclusion, 36.4% of the subjects included were atopic. All the individuals studied (with or without atopy) who returned for a subsequent medical visit (11.6%) had pursued their profession, and all but one had been declared fit to work. Two of these subjects had eczema: a pastry chef (non-atopic) and a hairdresser (atopic) who had been declared unfit for work. We found no significant difference in state of health or professional outcome between individuals with and without atopy. However, the study doctors considered the working conditions to be significantly less satisfactory for the atopic than for the non-atopic subjects (p<0.05).

Conclusion

The evolving nature of the businesses followed, with their frequently changing workforce, and the need to adapt medical follow-up to changes in regulations render the follow-up of such cohorts by interprofessional services very difficult, despite the motivation of the investigating doctors.