Inaptitude enseignants

Résultats

En 2008, le Sénégal comptait 7 501 établissements scolaires dont 6 813 écoles primaires et 688 collèges répartis au niveau des 11 régions. Le nombre d’élèves s’élevait à 2 176 379 avec 1 618 303 au primaire et 558 076 au moyen/secondaire. Les enseignants étaient au nombre de 52 806 avec 38 288 exerçant en primaire et 14 518 en collège. Ils étaient 39 474 hommes (27 443 au primaire et 12 031 au moyen/secondaire) et 13 332 femmes (10 845 en primaire et 2 487 en collège). Durant ces trois années, sur les 500 dossiers reçus, 307 avaient été passés en revue par le conseil de santé et 260 avaient abouti à une décision d’inaptitude. Il s’agissait d’un reclassement professionnel dans 76,1 % (n = 198), d’un rapprochement vers un service de santé spécialisé dans 13,5 % (n = 35), d’un congé de longue durée dans 5,8 % (n = 15) et d’une inaptitude définitive à l’enseignement dans 4,6 % (n = 12).

Chez les enseignants inaptes, le sexe ratio était de 1,2 en faveur des femmes (145 versus 115) avec un taux d’inaptitude (TI) de 1,1 % chez les femmes, 0,3 % chez les hommes et 0,5 % dans les deux sexes (Tableau I). L’âge moyen était de 46 ± 8,92 (extrêmes de 25 et 59 ans) et la tranche d’âge comprise entre 45 et 54 ans était la plus représentée avec 47,7 % (n = 124). L’inaptitude concernait plus les hommes avant 45 ans et les femmes après cet âge.

Les enseignants déclarés inaptes étaient mariés dans 75,3 % des cas (n = 195), célibataires dans 15,4 % (n = 40), divorcés dans 5,4 % (n = 14) et veufs dans 3,9 % (n = 10).

Ils exerçaient au niveau de la région de Dakar dans 59,2 % (n = 154) avec un taux d’inaptitude de 1,78 %, Thiès dans 12,7 % (n = 33) avec un TI à 0,47 %, Diourbel dans 1,5 % (n = 4) avec un TI de 0,13 % et Tambacounda dans 0,4 % (n = 1) avec un TI de 0,03 % (Tableau I).

Les enseignants inaptes officiaient en primaire dans 70,8 % (n = 184) et en collège dans 29,2 % (n = 76).
Au niveau du cycle primaire, ils étaient instituteurs dans 58,1 % (n = 151), maîtres contractuels dans 12,3 % (n = 32) et vacataires de l’éducation dans 0,4 % (n = 1) alors qu’en collège, 21,1 % (n = 55) étaient des professeurs titulaires, 7,7 % (n = 20) des professeurs contractuels et 0,4 % (n = 1) vacataires de l’éducation.
Les affections psychiatriques constituaient la première cause chez les enseignants inaptes avec 24,6 % (n = 64). Elles étaient suivies par les maladies neurologiques 19,2 % (n = 50), les maladies cardio-vasculaires 15,4 % (n = 40), les affections rhumatismales 10 % (n = 26) et les maladies cancéreuses 2,3 % (n = 6) (Tableau II).

Ces affections psychiatriques concernaient surtout les hommes avec 65,1 % (n = 41), la tranche d’âge entre 45 et 54 ans avec 39,7 % (n = 25), les mariés avec 54 % (n = 34), les enseignants du cycle primaire avec 55,6 % (n = 35) et ceux exerçant en dehors de la région de Dakar avec 58,7 % (n = 37).

L’analyse des affections liées à l’inaptitude des enseignants montrait que les hommes souffraient plus d’affections psychiatriques et les femmes davantage d’affections somatiques avec une différence statistiquement significative (p < 0,001). Les troubles psychiatriques et somatiques étaient plus observés chez les mariés avec une différence statistiquement significative (p < 0,001).

Les enseignants exerçant en dehors de la région de Dakar étaient plus sujets à des affections psychiatriques que leurs collègues de Dakar qui souffraient plus d’affections somatiques avec une différence statistiquement significative (p < 0,001). Les enseignants mariés avec enfants souffraient plus d’affections somatiques que d’affections psychiatriques avec une différence statistiquement significative (p = 0,002).

L’étude de l’âge chez les enseignants présentant des affections psychiatriques et somatiques, montrait une distribution homogène avec une prédominance très nette de la tranche d’âge comprise entre 45 et 54 ans sans différence significative. De même, le nombre d’années d’expérience ne montrait aucune différence significative bien que les enseignants ayant 21 à 30 ans d’expérience souffraient plus de troubles somatiques (Tableau III).

La comparaison de l’inaptitude selon le cycle d’études montrait que les femmes étaient plus souvent déclarées inaptes en primaire et les hommes l’étaient plus souvent au collège avec une différence statistiquement significative (p = 0,009).

Les enseignants mariés avec enfants étaient plus concernés par l’inaptitude en primaire et en collège avec une différence statistiquement significative (p = 0,004).
Les enseignants déclarés inaptes officiaient plus au niveau de la région de Dakar en primaire et hors de la région de Dakar en collège avec une différence statistiquement significative (p < 0,001).

La comparaison de l’inaptitude chez les enseignants du primaire et du collège souffrant de troubles somatiques ou psychiatriques montrait une différence statistiquement significative (p = 0,003).
La répartition des enseignants déclarés inaptes selon le statut matrimonial avait montré une légère différence statistiquement non significative. Le groupe avec une tranche d’âge comprise entre 45 et 54 ans était le plus concerné par l’inaptitude en primaire comme au collège. Les enseignants ayant entre 21 et 30 ans d’expérience étaient les plus concernés par l’inaptitude en primaire et en collège alors que ceux avec au plus 10 ans d’expérience constituaient une source d’inquiétude (Tableau IV).