Pied d’athlète

Résultats

Sur les 120 travailleurs assujettis au port de chaussures de sécurité, 90 avaient effectué la visite médicale annuelle soit un taux de participation de 75 %. Ils étaient de sexe masculin dans 88,9 % (n = 80) et féminin dans 11,1 % (n = 10).

Ils étaient plombiers dans 36,7 % (n = 33), releveurs dans 52,2 % (n = 47) et dispatchers dans 11,1 % (n = 10). La tranche d’âge comprise entre 30 et 50 ans était la plus représentée avec 50 % (n = 45) de même que les mariés avec 70 % (n = 63) (Tableau I).

Le pied d’athlète était noté dans 32,2 % (n = 29) et ne concernait que des travailleurs de sexe masculin. Ceux-ci avaient un âge inférieur à 30 ans dans 10,3 % (n = 3), compris entre 30 et 50 ans dans 65,5 % (n = 19) et supérieur à 50 ans dans 24,2 % (n = 7). Sur le plan matrimonial, 70 % (n = 26) étaient mariés, 21,1 % (n = 19) célibataires et 7,8 % (n = 7) divorcés. Ils étaient de confession musulmane dans la majorité des cas avec 89,6 % (n = 26).

Le pied d’athlète concernait les plombiers dans 68,9 % (n = 20), les releveurs dans 17,3 % (n = 5) et les dispatchers dans 13,8 % (n = 4). Les travailleurs atteints avaient un contrat à durée indéterminée (CDI) dans 75,8 % (n = 22) et un contrat à durée déterminée (CDD) dans 24,2 % (n = 7).

L’ancienneté dans la profession était comprise entre 0 et 5 ans dans 24,2 % (n = 7), entre plus de 5 ans et 10 ans dans 6,9 % (n = 2) et plus de 10 ans dans 68,9 % (n = 20).

Les travailleurs atteints jugeaient leurs conditions de travail mauvaises dans 68,9 % (n = 20), pénibles dans 65,5 % (n = 19) et sources de stress dans 31,1 % (n = 9).

Les chaussures de sécurité étaient en plastique dans 68,9 % des cas (n = 20) et en cuir dans 31,1 % (n = 9). Elles étaient portées pendant une durée moyenne journalière de 5 ± 2,3 h et avec des chaussettes dans 89,6 % (n = 26). En dehors des travaux sur le réseau hydrique, les sources d’humidité étaient principalement les ablutions effectuées avant les séances de prières, la marche pieds nus sur le plancher mouillé des vestiaires et la transpiration excessive.

Sur le plan clinique, toutes les lésions étaient humides, macérées et associées à une desquamation de la peau. Les symptômes décrits étaient une démangeaison entre les orteils dans 14,4 % (n = 13), une fissure cutanée dans 20 % (n = 18), une sensation de brûlure au niveau de la lésion dans 7,8 % (n = 7) et une mauvaise odeur au niveau de l’espace entre les orteils atteint dans 11,1 % (n = 10). On observait également un ulcère cutané dans 17,2 % des cas (n = 5), une onychomycose dans 20,6 % (n = 6), des cloques dans 13,8 % (n = 4), une cellulite bactérienne dans 10,3 % (n = 3) et une dissémination aux organes génitaux et aisselles dans 6,9 % (n = 2).

L’atteinte se situait sur le pied gauche dans 55,2 % (n = 16), le pied droit dans 37,9 % des cas (n = 11) et les deux pieds dans 6,9 % (n = 2). De même, elle se localisait au niveau de l’espace entre le 4ème et 5ème orteil dans 58,6 % (n = 17) et de l’espace entre le 3ème et 4ème orteil dans 51,7 % (n = 12) (figures 1 et 2).

Des facteurs de risque comme la mauvaise hygiène des pieds due au port de chaussettes sales, l’humidité des pieds liée aux ablutions et à l’environnement de travail et la nature des chaussures de sécurité étaient décelés chez tous les travailleurs souffrant de pied d’athlète. On notait également d’autres facteurs de risque comme les chaussures serrées dans 20,6 % (n = 6), la marche pieds nus sur le plancher mouillé des vestiaires dans 17,2 % (n = 5) et une affection chronique associée dans 20,6 % (n = 6) [diabète dans 13,8 % (n = 4) et hyperhidrose dans 6,9 % (n = 2)].   L’examen direct au microscope des prélèvements avait montré des éléments mycéliens dans 86,2 % (n = 25) et les cultures étaient positives dans 72,4 % (n = 21) avec présence de Trichophyton rubrum dans 37,9 % (n = 11), Trichophyton mentagrophytes dans 27,5 % (n = 8) et Epidermophyton floccosum dans 6,9 % (n = 2).

Le traitement antifongique prescrit pour une durée de quatre semaines comprenait une crème antifongique dans 37,9 % (n = 11), un spray antifongique dans 31 % (n = 9) et un traitement oral antifongique dans 6,9 % (n = 2). Une antibiothérapie per os était également instituée dans 27,5 % (n = 8). Tous les travailleurs atteints avaient bénéficié d’arrêts de travail durant la période de traitement et ils devaient veiller à garder les pieds propres, frais et secs en les lavant avec du savon de Marseille, à bien les rincer, voire les saupoudrer avec une poudre de talc. Lors de la reprise du travail, ils étaient autorisés à porter des chaussures de sport avec des chaussettes en fibres naturelles, des sandales de plage au niveau des vestiaires et lors des séances d’ablution et ne pas effectuer des tâches qui humidifient les pieds.

On notait un mois après la fin du traitement, une guérison dans 65,5 % (n = 19) et une récidive dans 34,5 % (n = 10),