Le gardien d’immeuble

Retentissements des problèmes de santé sur la vie personnelle, familiale et sociale

Cette catégorie de salarié est particulièrement affectée lorsque la situation de rupture survient (maladie, accident, conflits, etc). L’exposition constante au milieu de travail, en raison du lien de subordination entre le logement et le travail, les rend plus vulnérables : l’intrication entre la vie privée et la vie professionnelle est en effet très forte. En outre, l’amplitude horaire, de même que la multiplicité des tâches confiées, majorent cette exposition, augmentant paradoxalement leur solitude.
La charge mentale liée à l’isolement comme la charge physique peuvent finir par altérer la santé.
Le risque majeur est, avec le risque de perte de l’emploi, celui de la perte du logement.

Perte de l’emploi

Le poste de travail est difficilement aménageable en raison de l’absence d’alternative (quel pourrait être cet autre poste ?) a fortiori dans les petites résidences du secteur privé, du fait que dans la majorité des cas, il n’existe qu’un seul poste.
L’aménagement peut en tout état de cause, n’être que temporaire et porter sur une partie des tâches physiques (sous-traitance ponctuelle, telle que la sortie des conteneurs).
La raison principale se trouve dans le coût généré par ce remplacement, qu’il soit partiel ou total (maintien des avantages en nature, voire du salaire, obligation de payer le remplaçant).

Le recours à un reclassement s’avère complexe en raison du faible niveau de formation d’une part et de l’âge (souvent supérieur à 50 ans) d’autre part.
Cela conduit cette catégorie de salariés à se taire sur leur état de santé et à repousser (à trop tard parfois) la confidence au médecin du travail et/ou à l’assistante sociale. C’est pourquoi il convient de faire un travail de réflexion en amont, afin d’éviter de se retrouver dans une situation d’urgence, avec un risque de désinsertion professionnelle et sociale.
En effet si l’inaptitude totale est prononcée, la perte d’emploi et avec elle, celle du logement, devient alors inévitable.

Perte du logement

Lorsque l’employeur congédie le concierge, ce dernier dispose d’un délai minimum de trois mois pour libérer le logement de fonction ; mais ce délai disparaît en cas de licenciement pour faute ou démission.
Le contexte de pénurie rend difficile le relogement, d’autant qu’il faut avoir perdu le logement pour devenir prioritaire (le statut de travailleur handicapé ne donne pas de priorité) auprès des services de logement.
Il n’est en outre pas garanti pour autant au salarié licencié d’en obtenir un dans des délais raisonnables.
Seuls les gardiens âgés de plus de 60 ans, isolés, ont la possibilité de faire simultanément une demande de logement en foyer résidence (là encore les places sont rares et les démarches fastidieuses : dossier d’inscription complexe au regard notamment du nombre de pièces justificatives demandées, demande de prise en charge au titre de l’aide sociale en raison de la faiblesse des ressources, etc.).
On se retrouve encore trop souvent dans des situations d’urgence sans réflexion préalable et donc sans solution recherchée en amont.

La recherche de moyens et de ressources pour prévenir ces risques ou changements, ne peut aboutir que dans le cadre d’une réflexion pluridisciplinaire associant différents interlocuteurs : médecin du travail, assistant technique en santé au travail, assistant social du travail et secrétaire médicale, mais également celles des partenaires extérieurs (médecins traitants, médecins conseils, MDPH : maisons départementales des personnes handicapées, mairies, conseils généraux, associations, etc.) œuvrant dans le domaine de la prévention de la désinsertion professionnelle et sociale.