Le gardien d’immeuble

Une journée type

5h 45 : Madame M. se réveille, enfile rapidement quelques vêtements car elle doit sortir les poubelles de leur local afin de les placer le long de la rampe d’accès au parking. Puis, elle ouvre la porte du garage pour permettre aux éboueurs de venir récupérer les trois conteneurs à ordures de 220 litres chacun (mais le mardi, il y a en plus les deux conteneurs à tri sélectif et celui pour le verre) en bas de la rampe d’accès au parking (grâce au médecin du travail, elle a obtenu de ne plus avoir à les remonter, pleins, depuis le sous-sol). Elle retourne à sa loge. Elle a encore mal dormi cette nuit, appréhendant une intrusion, car la porte d’entrée de la loge est une porte à simple serrure, autant dire non sécurisée. Il est vrai aussi, que Madame D., la personne âgée du troisième étage est tombée du lit, et l’a appelée à l’aide. Un petit-déjeuner, une douche et elle poursuit sa journée de travail. Certes, la permanence à la loge n’est que de 17h à 20h , du lundi au vendredi, mais...
Certes, l’immeuble construit en 1955 qui a un rez-de-chaussée et six étages avec un ascenseur, n’a que 17 logements et un niveau de sous-sol avec caves et parkings.
Mais, tous les jours, elle balaie l’entrée de l’immeuble et passe la serpillère sur le sol en marbre, rentre les conteneurs à ordures et les nettoie.
Les lundis, mercredis et vendredis, elle fait les vitres et le grand miroir du hall d’entrée.
Une fois par semaine, elle astique les paliers et l’escalier principal, ainsi que les parties cuivrées de l’immeuble et entretient le local vide-ordures.
Une fois par mois, elle fait le ménage dans les couloirs des caves dont le sol est heureusement cimenté, puis elle fait la tournée dans le parking pour ramasser les différents déchets au sol. Dans la journée, elle vérifie de temps en temps si le conteneur placé sous le vide-ordures est plein, afin de le remplacer, si nécessaire, tout en pestant après la trappe rouillée, qui a toujours autant de mal à coulisser, alors qu’on lui a promis de la remplacer.
De plus, les résidents jettent n’importe quoi dans le vide-ordures : du verre, un melon qui va exploser en tombant, des couches de bébé qui vont boucher le conduit du vide-ordures.
En fin de matinée, le facteur sera passé. Elle va trier le courrier, puis le distribuer.
La matinée est vite passée mais ses horaires de travail ne couvrent-ils pas la plage 7h-13h du lundi au samedi ? La gardienne reprendra officiellement son activité à la loge de 17h à 20h du lundi au vendredi.
A 15h, le plombier envoyé par le syndic va passer car il y a une fuite au 4e étage, et elle va devoir l’accompagner.
A 17h, elle reprend son activité et reçoit la visite de Monsieur B., qui se plaint du bruit qu’il y a eu cette nuit... Pour une fois qu’on n’entendait pas les jeunes du 4ème étage, maintenant ce sont les « vieux qui s’en mêlent ». Elle doit lui expliquer que Madame D. est tombée, et qu’il a fallu appeler les pompiers. Ah, ce Monsieur B., toujours à se plaindre !
Aujourd’hui elle n’a pas d’ampoule à changer.