Vieillissement et travail dans la grande distribution alimentaire

Hypermarchés

( > 2 500 m2)

Dans les 10 hypermarchés travaillaient 219 salariés enquêtés. L’effectif des hypermarchés variait de 237 à 650 salariés (moyenne 496, médiane 446). Ils employaient de 22 à 112 salariés de 50 ans et plus, que nous appellerons "seniors" dans la suite du texte (moyenne 64 seniors, médiane 67 seniors). La proportion des seniors par rapport à l’effectif variait de 7 à 17 % (moyenne 13 %, médiane 15 %).

Les salariés enquêtés avaient de 50 à 64 ans (moyenne et médiane 54 ans). Leur ancienneté cumulée dans la grande distribution variait de 5 à 40 ans (moyenne et médiane 19 ans). Nous avons créé 2 classes d’âge parmi les salariés enquêtés : les moins de 55 ans (123) et les 55 ans et plus (96).

Nous avons créé 4 classes d’ancienneté : 10 ans et moins (42) ; 11 à 20 ans (97) ; 21 à 30 ans (54) ; plus de 30 ans (26). Les femmes représentaient 63 % de l’effectif enquêté.

Les employés et ouvriers représentaient 95 % de l’effectif. Les autres étaient à parts égales agents de maîtrise ou techniciens et cadres. Les trajets domicile-travail ne semblaient ni longs ni pénibles pour 86 % d’entre eux.

Les 2/3 des seniors travaillaient à temps plein, ¼ à temps partiel et 8 % plus de 35 heures par semaine. Le travail de nuit entre 21 heures et 6 heures concernait 54 % des seniors, 58 % travaillaient la nuit mais pas toutes les nuits et 42 % chaque nuit mais pas toute la nuit.

Le travail à temps partiel concernait 24 % des seniors, 40 % d’entre eux pour des raisons de santé, 38 % par convenance personnelle et pour 22 % il était imposé par l’activité du magasin.

La journée de travail comportait une coupure de plus de 2 heures pour 2 % des seniors et celle-ci convenait à la moitié d’entre eux.

Près de la moitié des seniors avait au moins une fois par mois 2 jours de repos consécutifs (47%), 40 % n’avait jamais (en dehors des congés) 2 jours de repos consécutifs et 13 % avait 2 jours de repos consécutifs chaque semaine.

La quasi-totalité des seniors ne travaillait pas le dimanche (93 %).

Les seniors connaissaient leur planning au plus 1 semaine à l’avance (11 %), 2 semaines à l’avance (42 %), 3 semaines à l’avance (18 %), 1 mois à l’avance (10 %) et à l’année (19 %). Ces plannings n’étaient jamais changés au dernier moment pour 31 % des seniors, ils l’étaient rarement pour 61 % et souvent ou très souvent pour 8 %.

Les seniors avaient la possibilité de négocier leurs horaires avec leur responsable lors de l’établissement du planning (72 %) ou la possibilité de négocier leurs horaires par arrangement entre collègues (73 %).

L’emplacement du poste de travail n’était pas négociable avec le responsable pour les 2/3 des seniors. Les seniors ne travaillaient aucun jour férié (31 %), ils travaillaient moins de 5 jours fériés dans l’année (38 %), 5 jours fériés ou plus (31 %).

Plus de la moitié des seniors déclarait être fatiguée (53 %) et un peu moins des 3/4 s’estimait en bonne santé (74 %).

Un problème de santé en relation avec leur travail actuel était évoqué par 42 % des seniors. Une adaptation même minime du poste de travail (aménagement physique du poste de travail, aménagement d’horaires…) avait concerné 21 % des seniors, un changement de poste accompagné ou non d’un aménagement de poste concernait 10 % des seniors.

Les seniors considéraient leur travail physiquement assez dur ou très dur (64 %), et nerveusement assez dur ou très dur (69 %).

Ce sont 78 % des seniors qui alléguaient des douleurs d’une ou plusieurs localisations : 46 % au dos, 51 % au moins une dans le haut du corps (tête, cou, épaule, bras, coude, poignet, main), 34 % au moins une dans le bas du corps (jambe, genou, cheville, pied). Le détail de ces localisations apparaît dans le tableau 1.

Tableau 1 : Localisation des douleurs déclarées par les seniors dans les hypermarchés au moment de l’enquête (plusieurs localisations étant possibles pour un même senior, le total dépasse 100 %).

Plus des 4/5e des seniors déclaraient avoir travaillé en ayant des douleurs dans l’année écoulée.

Lorsque quelque chose d’anormal se produisait pendant le travail, 42 % des seniors faisaient généralement appel à un supérieur, à des collègues, ou à un service spécialisé ; 40 % réglaient eux mêmes l’incident, et 17 % réglaient eux mêmes l’incident mais dans des cas bien précis prévus à l’avance. Plus des 2/3 des seniors estimaient ne pas avoir assez de temps pour effectuer leur travail (69%). Les 2/3 se sentaient soutenus par leur hiérarchie et 4/5e se sentaient soutenus par leurs collègues. Un peu plus de la moitié des seniors avait le sentiment que la qualité de leur travail était reconnue (54 %).

Près des 2/3 des seniors estimaient que leur travail était adapté à leur état de santé actuel. Les ¾ des seniors pensaient pouvoir rester jusqu’à leur retraite dans leur poste actuel ou dans leur magasin (76 %).

Ils étaient plus nombreux à penser pouvoir rester lorsqu’ils :

  • avaient la possibilité de négocier leurs horaires avec leur responsable (80% vs 66%, p<0,005).
  • ne se déclaraient pas fatigués (90% vs 65%, p<0,001),
  • s’estimaient en bonne santé (86% vs 52%, p<0,001),
  • ne déclaraient pas de problème de santé en relation avec leur travail actuel (86% vs 64%, p<0,001),
  • n’estimaient pas leur travail physiquement pénible (92% vs 67%, p<0,001),
  • n’estimaient pas leur travail nerveusement pénible (87% vs 72%, p<0,05),
  • ne déclaraient pas de douleurs au dos (82% vs 70%, p<0,05),
  • se sentaient soutenus par leur hiérarchie (84% vs 61%, p<0,001),
  • estimaient que la qualité de leur travail était reconnue (83% vs 67%, p<0,01),
  • pensaient que leur travail était adapté à leur état de santé actuel (87% vs 58%, p<0,001).