Vieillissement et travail dans la grande distribution alimentaire

Supermarchés

(400 à 2 500 m2)

Dans les 23 supermarchés, travaillaient 103 salariés enquêtés. L’effectif des supermarchés variait de 7 à 177 salariés (moyenne 85, médiane 78). Ils employaient de 1 à 50 salariés de 50 ans et plus (moyenne 17 seniors, médiane 11 seniors). La proportion des seniors par rapport à l’effectif variait de 2 à 67 % (moyenne 20 %, médiane 21 %).

Les salariés enquêtés avaient de 50 à 66 ans (moyenne et médiane 55 ans). Leur ancienneté cumulée dans la grande distribution variait de 5 à 40 ans (moyenne 21 ans et médiane 20 ans).

Nous avons créé 2 classes d’âge parmi les salariés enquêtés : les moins de 55 ans (47) et les 55 ans et plus (56).

Nous avons créé 4 classes d’ancienneté : 10 ans et moins (24) ; 11 à 20 ans (34) ; 21 à 30 ans (25) ; plus de 30 ans (20).

Les femmes représentaient 60 % de l’effectif enquêté.

Les employés et ouvriers représentaient 78 % de l’effectif. Les autres étaient à parts égales agents de maîtrise ou techniciens et cadres.

Les trajets domicile-travail ne semblaient ni longs ni pénibles pour 76 % d’entre eux. Moins de la moitié des seniors travaillaient à temps plein (43 %), à temps partiel (13 %) et plus de 35 heures par semaine (44 %).

Le travail de nuit entre 21 heures et 6 heures concernait 14 % des seniors, 9 % travaillaient la nuit mais pas toutes les nuits et aucun ne travaillait chaque nuit.

Le travail à temps partiel concernait 14 % des seniors, 14 % d’entre eux pour des raisons de santé, 50 % par convenance personnelle et pour 36 % il était imposé par l’activité du magasin.

La journée de travail comportait une coupure de plus de 2 heures pour 24 % des seniors et celle-ci convenait à 88 % d’entre eux.

Plus des ¾ des seniors n’avaient jamais (en dehors des congés) 2 jours de repos consécutifs (77 %), 8 % avaient au moins une fois par mois 2 jours de repos consécutifs et 15 % avaient 2 jours de repos consécutifs chaque semaine.

Plus des 4/5e des seniors ne travaillaient pas le dimanche (86 %).

Les seniors connaissaient leur planning au plus 1 semaine à l’avance (10 %), 2 semaines à l’avance (15 %), 3 semaines à l’avance (2%), 1 mois à l’avance (7 %) et à l’année (66 %).

Ces plannings n’étaient jamais changés au dernier moment pour 50 % des seniors, ils l’étaient rarement pour 41 % et souvent ou très souvent pour 9 %.

Les seniors avaient la possibilité de négocier leurs horaires avec leurs responsables lors de l’établissement du planning (58 %), ou la possibilité de négocier leurs horaires par arrangement entre collègues (46%).

L’emplacement du poste de travail n’était pas négociable avec le responsable pour 14 % des seniors.

Les seniors ne travaillaient aucun jour férié (12 %), ils travaillaient moins de 5 jours fériés dans l’année (63 %), 5 jours fériés ou plus (25%).

Plus de la moitié des seniors déclarait être fatiguée (58 %) et un peu plus des 4/5e s’estimaient en bonne santé (81 %).

Un problème de santé en relation avec leur travail actuel était évoqué par 36 % des seniors.

Une adaptation même minime du poste de travail (aménagement physique du poste de travail, aménagement d’horaires…) avait concerné 15 % des seniors, un changement de poste accompagné ou non d’un aménagement de poste concernait 2 % des seniors.

Les seniors considéraient leur travail physiquement assez dur ou très dur (56 %), et nerveusement assez dur ou très dur (57 %).

Ce sont 79 % des seniors qui alléguaient des douleurs d’une ou plusieurs localisations : 52 % au dos, 57 % au moins une dans le haut du corps (tête, cou, épaule, bras, coude, poignet, main), 39 % au moins une dans le bas du corps (jambe, genou, cheville, pied). Le détail de ces localisations apparaît dans le tableau 2.

Tableau 2 : Localisation des douleurs déclarées par les seniors dans les supermarchés au moment de l’enquête (plusieurs localisations étant possibles pour un même senior, le total dépasse 100 %).

Plus des 4/5e des seniors déclaraient avoir travaillé en ayant des douleurs dans l’année écoulée (85 %).

Lorsque quelque chose d’anormal se produisait pendant le travail, 45 % des seniors faisaient généralement appel à un supérieur, à des collègues, ou à un service spécialisé ; 39 % réglaient eux mêmes l’incident, et 16 % réglaient eux mêmes l’incident mais dans des cas bien précis prévus à l’avance.

Un peu moins des 2/3 des seniors estimaient ne pas avoir assez de temps pour effectuer leur travail (62 %). Plus des 2/3 se sentaient soutenus par leur hiérarchie (70 %) et les trois quarts se sentaient soutenus par leurs collègues. Un peu plus de la moitié des seniors avait le sentiment que la qualité de leur travail était reconnue (60 %).

Plus des 2/3 des seniors estimaient que leur travail était adapté à leur état de santé actuel (68 %).

Les 4/5e des seniors pensaient pouvoir rester jusqu’à leur retraite dans leur poste actuel ou dans leur magasin (82 %).

Ils étaient plus nombreux à penser pouvoir rester :

  • chez les 55 ans et plus (91% vs 72%, p< 0,05),
  • chez les femmes (88% vs 73%, p = 0,051),
  • lorsqu’ils avaient une coupure de plus de 2 heures dans leur journée de travail (96% vs 78%, p<0,05),
  • lorsqu’ils ne se déclaraient pas fatigués (91% vs 75%, p<0,05),
  • lorsqu’ils n’estimaient pas leur travail physiquement pénible (93% vs 74%, p<0,05),
  • lorsqu’ils n’estimaient pas leur travail nerveusement pénible (90% vs 75%, p=0,055),
  • lorsqu’ils avaient le sentiment que la qualité de leur travail était reconnue (93% vs 68%, p<0,01).