Les accidents avec exposition au sang (AES) au CHNU de Fann de Dakar (Sénégal)

Résultats

Le taux de réponses était de 53,3 % soit 206 travailleurs. Le sexe ratio était de 1,48 en faveur des femmes et l’âge moyen de 35 ± 2,7 avec des extrêmes entre 21 et 65 ans. Les infirmiers constituaient la catégorie professionnelle la plus représentée avec 16,5 % (n = 34), suivis des médecins 13,6 % (n = 28). Ce personnel exerçait majoritairement au niveau des services assurant la prise en charge des pathologies transmissibles à savoir la pneumophtisiologie avec 28,6 % (n = 59) et les maladies infectieuses 22,8 % (n = 47).

La vaccination contre l’hépatite B était effectuée dans 46,6 % (n = 96) des salariés mais seuls 25,2 % (n = 52) avaient contrôlé l’efficacité de cette dernière. Le statut sérologique VIH de ce personnel n’était connu que pour 29,6 % (n = 61) (Tableau I).

Dans notre étude, la prévalence des AES s’élevait à 23,3 % (n = 48) et les femmes étaient les plus touchées avec un sexe ratio de 2 en leur « faveur ». Cette population victime était jeune avec un âge compris entre 21 et 35 ans pour 68,7 % (n = 33) d’entre eux et l’ancienneté dans l’hôpital était de moins de 5 ans dans 54,1 % (n = 26). Le service des maladies infectieuses était le plus concerné avec 66,6 % (n = 32) et les AES étaient survenus au lit du malade dans 66,6 % (n = 32) des cas. Les infirmiers constituaient la catégorie professionnelle la plus touchée avec 35,4 % (n = 17) suivis du personnel d’entretien 20,9 % (n = 10), des aides-soignants 12,5 % (n = 6) et des chirurgiens 8,3 % (n = 4).

Le sang constituait le produit le plus incriminé avec 66,6 % (n = 32), suivi des déchets biomédicaux 25 % (n = 12) et du linge souillé 8,3 % (n = 4).

Au moment de l’accident, les victimes ignoraient leur statut sérologique VHB pour 87,5 %(n = 42) d’entre elles et VIH pour 37,5 % (n = 18) alors que celui du patient source était inconnu dans 41,8 % (n = 20). Les travailleurs victimes jugeaient leur travail pénible pour 62,5 % (n = 30) d’entre eux et source de stress pour 45,8 % (n = 22).

Les gestes les plus incriminés dans la survenue des AES étaient le recapuchonnage avec 33,3 % (n = 16) et les prélèvements sanguins 25 % (n = 12). La piqûre par aiguille creuse constituait le mécanisme accidentel le plus fréquent avec 91,6 % (n = 44). L’implication d’une tierce personne dans l’accident était rapportée dans 18,8 % (n = 9).

Lors de l’accident, les victimes portaient comme moyens de protection individuelle, des gants dans 68,7 % (n = 33) des cas, un masque dans 14,5 % (n = 7) des situations, et des lunettes dans la proportion de 8,3 % (n = 4) (Tableau II).

Les victimes avaient bénéficié de soins d’urgence (lavage, désinfection avec antiseptique javellisé) dans 87,5 % (n = 42) des cas et d’une chimiothérapie dans 50 % (n = 24) des accidents, sous forme de trithérapie ( 45,8 % soit n = 22) et bithérapie (4,2 % (, soit n = 2). La déclaration auprès des autorités hospitalières n’avait été effectuée que dans 20,8 % (n = 10) des accidents. Après une année de suivi des victimes, aucune séroconversion n’était notée.

Sur le plan des connaissances, attitudes et pratiques en matière d’AES, la définition d’un AES était inconnue dans 29,6 % (n = 61). Selon les réponses obtenues, les agents infectieux responsables d’AES étaient le VIH dans 36,4 % (n = 74), le VHB dans 29,6 % (n = 61) et le VHC dans 23,3 % (n = 48). Pour les objets piquants et coupants, le personnel affirmait les jeter après utilisation dans des conteneurs sécurisés (39,8 %, soit n = 82), des bouteilles en plastique (10,7 % , soit n = 22), des flacons en verre (9,7 %, soit n = 20), des boites en carton (30,6 %, soit n = 63) et des corbeilles (5,8 %, soit n = 12).

Les mesures de précautions universelles contre les AES étaient inconnues par 32 % (n = 66) du personnel de même que les gestes à effectuer en cas d’AES par 12,6 % (n = 26). Cependant 8,7 % (n = 18) préconisaient de faire saigner, un geste proscrit. Les équipements de protection individuelle dans 91,7 % (n = 189) et la bonne gestion des déchets biomédicaux dans 54,3 % (n = 112) constituaient les mesures préconisées par le personnel pour prévenir les AES.