Les accidents avec exposition au sang (AES) au CHNU de Fann de Dakar (Sénégal)

Ndiaye M (1), Cissokho Bèye D (2), Sow ML (1)

(1) Service de médecine du travail, Faculté de Médecine, Université Cheihk Anta Diop (UCAD), Sénégal

(2) Service de médecine du travail, CHNU de Fann, Dakar, Sénégal

Résumé

Objectifs : l’objectif était de recenser les AES survenus de janvier 2001 à septembre 2008, documenter leurs circonstances et mécanismes de survenue et évaluer les connaissances, attitudes et pratiques du personnel du CHNU de Fann en matière d’AES.

Population et méthodes : il s’agit d’une étude transversale descriptive réalisée durant le mois d’octobre 2008 au niveau du CHNU de Fann. Sur 386 travailleurs recensés, 206 ont répondu au questionnaire (participation 53,3 %).

Résultats : 48 cas d’AES (23,3 %) ont été recensés, les femmes étaient les plus touchées (sexe ratio de 2) et 68,7 % (n = 33) des victimes étaient jeunes avec un âge compris entre 21 et 35 ans. Les victimes étaient infirmiers dans 35,4 % (n = 17), personnel d’entretien dans 20,9 % (n = 10), aides soignants dans 12,5 % (n = 6) et chirurgiens dans 8,3 % (n = 4). Ils ignoraient leur statut sérologique VHB dans 87,5 % (n = 42) et VIH dans 37,5 % (n = 18) alors que le statut sérologique du patient source était inconnu dans 41,8 % (n = 20). Le recapuchonnage constituait le geste le plus incriminé dans la survenue des AES avec 33,3 % (n = 16) et la piqûre par aiguille creuse, le mécanisme accidentel le plus fréquent. Les victimes portaient des gants dans 68,7 % (n = 33) des cas, avaient bénéficié de soins d’urgence dans 87,5 % (n = 42) et d’une chimiothérapie dans 50 % (n = 24). La déclaration n’était effectuée que dans 20,8 % (n = 10) et aucune séroconversion n’était notée après une année de suivi. La connaissance des agents infectieux responsables et des précautions universelles contre les AES était médiocre.

Conclusion : des séances de sensibilisation et de formation du personnel des établissements de soins sur la prévention des AES sont indispensables.

Abstract 

Accidental Exposures to Blood (AEB) at the Fann National Teaching Hospital (CHNU) in Dakar (Senegal) from January 2001 to September 2008

Objectives : The aim of this study was to quantify the incidence of AEBs, document the circumstances and causes of injuries, and assess the knowledge, attitude and practices of personnel at the Fann CHNU with regard to AEB.

Population and methods : This descriptive cross-sectional study was conducted during the month of october 2008 at the Fann National Teaching Hospital. 206 employees responded to the questionnaire out of the original sample of 386 (i.e. a 53.3% response rate).

Results : 48 cases of AEB were reported (23.3%) with women accounting for the higher percentage (sex ratio of 2) and 68.7% (n=33) of victims between 21 and 35 years of age. Victims were nurses in 35.4% of cases (n = 17), maintenance staff in 20.9% (n = 10), nursing assistants in 12.5% (n = 6) and surgeons in 8.3% (n = 4). They were unaware of their HBV status in 87.5% of cases (n = 42) and of their HIV status in 37.5% of cases (n = 18), whereas the serological status of the source patient was unknown in 41.8% of cases (n = 20). Occurrences of AEB were largely associated with the act of recapping which makes up 33.3% of cases (n = 16) and accidental needle sticking the most common cause. Victims wore gloves in 68.7% of cases (n = 33), received emergency treatment in 87.5% of cases (n = 42) and chemotherapy in 50% (n = 24). Incidents were declared in only 20.8% of cases (n = 10) and no seroconversion was observed after one year of monitoring. Knowledge of the responsible transmissible agents and of universal safety measures to prevent AEB was highly inadequate.

Conclusion : awareness-raising and training sessions on the prevention of AEB for employees of health care institutions are indispensable.