Les rhinites professionnelles

Conclusion

Le nez est la porte d’entrée de l’arbre respiratoire et il constitue sa première barrière de défense. Il est, de ce fait, impliqué dans la quasi-totalité des pathologies respiratoires, professionnelles ou non.
Plus de 250 substances ont été suspectées être responsables de rhinites professionnelles (Baur, 1998). Leur liste n’est pas différente de celle des asthmes. (19)
Les rhinites professionnelles ne sont pas directement invalidantes (par rapport à d’autres maladies professionnelles respiratoires), mais on peut considérer que la symptomatologie provoque un certain handicap personnel et social.
La gravité de la pathologie est définie par le degré de privation, de gêne et de diminution de la productivité que les symptômes occasionnent, comme la diminution importante ou la perte des gains que beaucoup de travailleurs supportent.
Il n’existe pas d’estimations spécifiques aux rhinites professionnelles pour ce qui est des implications financières. Aux Etats-Unis, le Centre Batelle de Recherche en Santé Publique estime le nombre de journées de travail perdues à cause des rhinites allergiques à 3 millions/an, et le coût global du traitement à 2,7 milliards de dollars. Les études transversales sous-estiment systématiquement la prévalence réelle (comme celle des asthmes professionnels d’ailleurs) par le phénomène d’auto-sélection : la plupart des sujets atteints quittent l’entreprise, réalisant que leurs symptômes sont dus à l’exposition professionnelle (Drexler et coll., 1999). Évidemment, ce phénomène dépend également de l’état du marché de l’emploi. (20)
Les données concernant l’incidence ne sont pas nombreuses. Les résultats varient grandement d’une étude à l’autre, traduisant des conditions d’exposition (de travail) différentes. Une enquête scandinave réalisée entre 1990 et 1992 rapporte une incidence annuelle comprise entre 0,1 et 0,3 cas pour 10 000 travailleurs.
Il y a trois points principaux d’une prise en charge adéquate des travailleurs atteints de rhinite professionnelle.

  • Le premier est le « dépistage » des employés au cours de la période d’apprentissage par l’observation méticuleuse des symptômes et le démarrage de l’observation clinique et des tests instrumentaux spécialisés.
  • Le deuxième est la prévention en milieu de travail avec la mise en œuvre effective de la réglementation sur la santé (éviction de l’exposition, substitution des allergènes par des produits moins irritants, installation de hottes aspirantes, réalisation de systèmes d’aspiration vers le bas, aspirations avec appareils dotés de filtres spéciaux, quantification précise de l’exposition individuelle, port d’un masque, respect des concentrations prévues par la législation etc...).
  • Le troisième est l’indemnisation.

Notre ultime espoir est que la situation actuelle puisse s’améliorer.