Les rhinites professionnelles

Etiopathogénie

Rhinite réactive

Elle provient de facteurs inhalés non spécifiques du milieu de travail.
Les symptômes sont dus aux réactions de gêne qui se manifestent chez les personnes souffrant d’une hyperréactivité olfactive particulière. La réactivité peut être corrélée aussi à une rhinite allergique, une polypose nasale ou naso sinusienne, des infections des sinus paranasaux, un tabagisme ou l’abus de sprays nasaux ou de drogues.

Agents/activités les plus concernés :

  1. parfums, salons de beauté, odeurs de cosmétiques, industrie cosmétique,
  2. rayons de certains magasins,
  3. odeurs de cuisine, restaurants, industries alimentaires, conditionnement des épices,
  4. gaz d’échappement, garages, transports publics, fumée sur les vêtements,
  5. détergents, produits de nettoyage, désodorisants pour la maison,
  6. fragrances de fleurs, fleuristes, industries pour le jardinage,
  7. parfums pour l’habillement, magasins d’habillement.

Rhinite irritative

Elle est due aux agents identifiables, qui induisent des réactions irritatives inflammatoires des muqueuses nasales.
Les irritants produisent typiquement une réaction immédiate qui disparait rapidement quand l’exposition cesse.
Une exposition prolongée à un ou plusieurs irritants chimiques aux doses et aux valeurs proches de la dose seuil peut causer des rhinites irritatives. Il est probable que ces agents pénètrent dans les muqueuses.

Quand les récepteurs des nerfs trijumeau et olfactif sont touchés par les irritants, l’exposition produit une brûlure au nez, à la gorge et aux yeux.
Il a été démontré que l’exposition à la nicotine, à la fumée de cigarette et à la capsaïcine (une substance qui se trouve dans le poivre de Cayenne et dans le piment rouge), provoque le relâchement des neurotransmetteurs et des substances P des terminaisons nerveuses sensibles du nez qui peuvent être responsables de la réponse neurogène inflammatoire.

La rhinite irritative est présente chez les ouvriers du bâtiments et les travailleurs engagés dans la rénovation des bâtiments. La production de poussières en milieux fermés, avec l’exposition aux peintures et aux autres mélanges chimiques peuvent amener à des concentrations irritantes suffisantes pour causer des symptômes chez les individus fragiles.

Agents ou activités impliqués :

  1. fumée de tabac,
  2. pollens,
  3. oxyde d’azote (industrie chimique),
  4. vapeurs de peinture (industrie chimique, bâtiment,...),
  5. sprays pour le jardinage et l’agriculture,
  6. toluène, xylène, pétrole, (industrie chimique),
  7. capsaïcine (industrie alimentaire),
  8. formaldéhyde (industrie chimique),
  9. perchloroéthylène(nettoyage à sec),
  10. glutaraldéhyde (milieu de soins),
  11. développement des photographies et des films de radiologie.

Rhinite allergique ou immunologique

Les immunogènes causent une réaction d’hypersensibilité retardée et une intensification graduelle des symptômes. Selon l’immunogène en cause, la réaction peut se prolonger le soir même, mais elle peut aussi se réduire pendant le week-end ou les vacances. Cela peut causer de l’asthme qui disparaît uniquement lors de l’absence prolongée du travail, mais il peut aussi perdurer.

Les caractéristiques communes des allergies respiratoires professionnelles sont :

  • la nécessité d’expositions répétées, soit de basse intensité pendant une longue période, soit pour des périodes d’exposition de durée brève : cette période est asymptomatique ;
  • la gêne apparaît seulement dans quelques-uns des cas exposés : elle peut apparaître tout de suite après l´exposition, plusieurs heures après, parfois la nuit suivante et rendre difficilement identifiable le rapport avec le moment d’exposition, mais elle s’améliore souvent à distance des lieux de travail (fins de semaine ou congés) ;
  • il arrive aussi que l’ exposition ou le contact avec de moindres doses puisse occasionner des symptômes : mais l´intensité de ceux-ci sera nettement inférieure à la crise qui a causé l’´hypersensibilité.

La plus grande partie des cas de rhinite allergique sur le lieu de travail provient de l’exposition aux allergènes de haut poids moléculaire comme protéines animales, végétales, alimentaires et enzymatiques.
Même si les sujets peuvent développer des symptômes différents, la rhino-conjonctivite apparaît prédominante. L’autre manifestation allergique la plus commune est l’asthme.

Agents/activités les plus impliqués :

  • protéines animales, laboratoires et magasins d’animaux, fourrures,
  • blé (industrie alimentaire),
  • thé vert (industrie alimentaire),
  • pyrèthre, fabrication d’insecticides, de produits de jardinage,
  • fibres de coton, fabrication de réactifs, colorants,
  • diisocyanate de toluène, peintures automobiles en spray,
  • Bacillus subtilis, fabrication de détergents,
  • enzymes protéolytiques : trypsine, papaïne, industrie alimentaire,
  • antibiotiques, industrie pharmaceutique, laboratoires, industrie alimentaire,...),
  • latex, fabrication de matériel (milieu de soins),
  • sels de platine, colophane, industries électroniques métallifères,
  • anhydride d’acides, fabrication d’adhésifs,
  • acide plicatique qui est un acide carboxylique retrouvé dans le cèdre rouge, le thuya et le cyprès résiné.

Rhinite toxique nécrosante

D’une façon générale, il s’agit d’un épisode aigu. Il doit être considéré plus comme un accident du travail que comme une maladie professionnelle. Quelques personnes exposées aux fortes concentrations de gaz chimiques solubles et toxiques vont développer une inflammation nasale considérable. Cette réaction peut être accompagnée d’une intoxication systémique, d’une hyperréactivité des voies aériennes et d’altérations permanentes possibles des fonctions physiologiques du nez, telle que l’odorat. Parfois la réaction est causée par les substances appliquées directement sur les muqueuses (intentionnellement ou accidentellement).

Substances et lésions nasales organiques

  • Chrome : dépôts jaunâtres sur les muqueuses, rhinites purulentes, croûteuses, atrophique-ulcéreuses, perforations du septum, évolutions possibles vers métaplasie, ulcères rares de la partie osseuse ou des cornets.
    Tendance insuffisante à la guérison spontanée, cicatrices.
  • Phosphore : perforations du septum, rhinite atrophique.
  • Nickel : pas de rhinite, mais reconnu comme cancérigène pour les sinus paranasaux.
  • Soude, potasse et caustiques : rhinites.
  • Soudure : inflammations des voies aériennes proximales (en raison des oxydes contenus dans les fumées : fer, manganèse, chrome, aluminium, cuivre, titane, nickel, fluor et dérivés, gaz nitreux, ozone, parfois phosgène).