Les rhinites professionnelles

Introduction

L’appareil respiratoire est exposé à l’action délétère des poussières, gaz, fumées et vapeurs directement dans le milieu du travail mais il est seulement touché en second lieu, parce que la peau est l’organe le plus exposé en tant qu’organe cible des irritants et des allergènes professionnels.
La rhinite professionnelle est la « maladie inflammatoire de la muqueuse nasale, caractérisée par des symptômes intermittents ou persistants liés à des agents ou des conditions rencontrés dans l’environnement professionnel et pas en dehors de celui-ci » (EAACI 2009) (1).
La rhinite professionnelle est une manifestation épisodique caractérisée par éternuements, rhinorrhée et obstruction nasale corrélés à l’activité du travail. Elle est souvent accompagnée d’une conjonctivite allergique et se manifeste fréquemment avec ou en prélude d’asthme professionnel (2,3).
Les mécanismes qui pourraient expliquer que la rhinite allergique se complique d’hyperréactivité bronchique (HRB) puis d’asthme sont :

  • l’existence d’un réflexe naso-bronchique,
  • et surtout l’obstruction nasale associée à un écoulement postérieur.

L’obstruction supprimerait le filtre nasal en obligeant les patients à respirer par la bouche, l’accès aux bronches par des aérocontaminants serait ainsi facilité, et l’écoulement postérieur favoriserait la contamination du bas appareil respiratoire par les sécrétions nasales (4).
L’intervalle entre la première exposition à l’agent agressif et le développement des symptômes peut varier de quelques semaines à plus de vingt ans, avec une période variable de latence comprise entre un et trois ans.
Le diagnostic de rhinite professionnelle dépend d’une anamnèse médicale et d’une enquête sur l’emploi (5). Selon sa pathogénie, la rhinite professionnelle peut être classée en : réactive, irritative, immunologique ou toxique-nécrosée. (6,7,8,9).

Les pathologies en cause peuvent être secondaires à :

  1. des traumatismes,
  2. des expositions aux agents professionnels, chroniques ou accidentelles,
  3. des conséquences de thérapies médicales, chirurgicales ou irrradiantes, dans le cadre de néoplasies professionnelles.

D’après une recherche OSHA (Occupational Safety and Health Administration) :

  • 22% des travailleurs européens se trouvent en contact avec des substances dangereuses pendant au moins un quart de leur temps de travail ;
  • 16% d’entre eux sont en contact direct avec ces substances pendant une partie considérable de la journée de travail.(10).

L´OSHA définit comme « substance dangereuse », « n’importe quelle substance liquide, gazeuse ou solide, chimique ou biologique qui présente un risque toxicologique pour la santé du travailleur, à l’exclusion des substances radioactives, inflammables et explosives. Exposition entendue comme contact direct ou indirect ».

Selon l’OSHA, les secteurs les plus à risque en raison de l’exposition aux agents chimiques ou biologiques sont :
l’agriculture, l’industrie chimique, l’industrie alimentaire, la coiffure, l’industrie textile, le traitement de surface des bronzes, le secteur sanitaire, la collecte/traitement des ordures, l’industrie mécanique, l’imprimerie, les entreprises de nettoyage, le bâtiment.

Dans la survenue de cette maladie professionnelle, plusieurs types de facteurs de risque sont à considérer :

  • les facteurs professionnels bien évidemment,
  • mais également les facteurs liés à l’individu,
  • ainsi que les facteurs environnementaux.

Le facteur de risque le plus déterminant est l’importance de l’exposition à l’agent déclenchant : plus celle-ci est élevée, plus le risque de devenir sensibilisé vis-à-vis de l’agent est important.
La fréquence et la durée de l’exposition à l’allergène sont aussi à prendre en compte.
Cette étude cherche à dresser un état des lieux de ces pathologies et présente les notions fondamentales à connaître en matière de prévention du risque en milieu professionnel.