Les rhinites professionnelles

Méthodologies diagnostiques

Anamnèse

Le recueil des données doit être fait le plus minutieusement et le plus complètement possible.
Il faut être rigoureux sur une anamnèse soignée du travail, et s’attacher particulièrement à la manière dont doivent être recueillis les renseignements concernant le milieu de travail, les matériels employés pour les différents travaux, les horaires de travail, l’usage de protections individuelles, l’apparition et les caractéristiques des symptômes, la prédisposition familiale, les expositions par drogues (consommées par inhalation), les antécédents de fractures de la pyramide nasale et du massif facial, l’usage personnel de médicaments (des corrélations existent avec des manifestations olfactives et des atteintes type dysgueusie/agueusie). (16)

Protocole « minimum » diagnostique pour rhinites et altérations olfactives éventuelles (17)

  • examen ORL,
  • rhinoscopie antérieure,
  • rhinoscopie postérieure,
  • endoscopie,
  • numération formule sanguine,
  • comptage des éosinophiles,
  • dosage des Ig E totaux,
  • prick test,
  • consultation allergologique.

Protocole « élargi »

  • Rhinomanométrie,
  • étude du transport du mucus ciliaire,
  • scanographie,
  • RMN (résonance magnétique nucléaire),
  • olfactométrie qualitative (UPSIT®) Sniffin´Sticks®,...),
  • potentiels évoqués olfactifs,
  • consultation de l’expert en Médecine du Travail.

Dans les rhinites allergiques, l’endoscopie nasale retrouve une muqueuse pâle et oedématiée, parfois hyperhémique en cas de co-exposition à des irritants ou en cas de surinfection ou de traitements locaux. On contrôle l’aspect des sécrétions, classiquement un mucus aqueux. L’endoscopie nasale permet de faire le bilan de lésions associées (polypes, perforation de la cloison nasale, ou tumeurs).

La rhinomanométrie permet de mesurer l’obstruction nasale. L’imagerie a un intérêt limité, la tomodensitométrie n’est pas nécessaire au diagnostic, elle permet d’évaluer d’éventuelles complications sinusiennes, malformations ou tumeur.

Les tests cutanés et/ou le dosage des IgE spécifiques permettent de confirmer l’existence d’une sensibilisation à des substances présentes dans l’environnement professionnel. Le diagnostic étiologique repose sur deux types de tests :

La mise en évidence de la sensibilisation de l’organisme à l’allergène considéré, par la pratique de tests cutanés à lecture immédiate qui, en cas de positivité, donnent une réponse urticarienne localisée en 20 minutes.

Il existe aussi une technique de dosage des IgE spécifiques plus ou moins accessible en pratique médicale courante selon les allergènes considérés. Ces tests sont en règle générale toujours praticables quand l’allergène est une substance macromoléculaire. Avec les produits chimiques, c’est loin d’être toujours le cas.

Le test d’exposition spécifique, appelé test de provocation nasal, consiste à reproduire expérimentalement les symptômes de la rhinite et à mesurer l’obstruction nasale qui en résulte. (18) Les tests de provocation spécifiques sont considérés comme le « gold standard » pour confirmer le diagnostic de rhinite professionnelle. La consultation chez le pneumologue et la spirométrie éventuelle sont des étapes très importantes pour apprécier le retentissement de la rhinite allergique sur la réactivité bronchique et le risque d’évolution vers une maladie asthmatique.