Gestion des déchets biomédicaux au sein de cinq structures hospitalières de Dakar, Sénégal

Summary

Biomedical waste management at five hospitals in Dakar, Senegal
Ndiaye M, El Metghari L, Sow MLDivision of Occupational Health, FMPOS, UCAD, Senegal

Objectives

Biomedical waste currently constitues a real environmental and public health problem. We carried out a study at five hospitals in Dakar in which we analysed biomedical waste management with a view to formulating recommendations.

Methods

We carried out a descriptive cross-sectional study from 1 April to 31 July 2010, at the five major hospitals in Dakar. Hospital managers, heads of department, residents and heads of hospital hygiene departments were asked to complete a questionnaire and interviews were conducted with healthcare personnel and operators of waste incinerator. The data collected were used to assess the methods used and knowledge concerning biomedical waste management. We analysed the content of interviews, observations and data input forms.

Results

We obtained reponses for 98 of the 150 questionnaires distribued, a reponse rate of 65.3%. We interviewed 75 employees directly involved in biomedical waste management, which were able to observe directly in 86 hospital departments.
All departments other tant pharmacies generated sharps, blood and iquid waste, 66 departments generated pharmaceutilcal waste, 49 departments generated infectious waste and 11 departments generated anatomical waste.
The sorting of biomedical waste was inappropriate in 53.5% (n = 46) of the departments and the use of the colour-coding system was effective in 31.4% (n = 27) of departments. Containers for the safe disposal of sharps were available in 82.5% (n = 71) of the departments and were used effectively in 51.1% (n = 44) of these departments. Inappropriate containers were used in most departments, with plastic bottles and bins frequently used for waste collection and the overfilling of containers.
The principal storage area at all hospitals other than the principal hospital was in the open air, with open access, and the floor was littered with biomedical waste that was often mixed with waste of a similar nature to domestic refuse. Biomedical waste was transferred to the main storage area on trolleys or carts in 67.4% (n = 58) of departments and on wheelbarrows in 33.7% (n = 29). Biomedical waste was disposed of, by burning in old incinerators or locally built ovens, which generated large amounts of smoke.
Working conditions were deemed poor by 81.3% (n = 61) of the employees interviewed and personal protection equipment was available at 45.3% (n = 39) of the departments.
Information about biomedical waste management was deemed satisfactory by 62.6% (n = 47) of interviewees and 80% (n = 60) were aware of the health risks related to biomedical waste.

Conclusion

The poor management of biomedical waste is a reality in the hospital facilities of Dakar. This issue should be addressed by incerasing the awareness of managers to ensure that legislation is applied more effectively, the implementation of realistic management programmes and the provision of appropriate on-the-job training for staff members.

Résumé 

Objectifs

Les déchets biomédicaux (DBM) constituent de nos jours un véritable problème sanitaire et environnemental. C’est dans ce cadre qu’une étude a été menée au niveau des cinq hôpitaux de Dakar pour y analyser la gestion et formuler des recommandations.

Méthodologie

Il s’agit d’une étude transversale descriptive qui s’est déroulée du 1er avril au 31 juillet 2010 au niveau des cinq grands hôpitaux de Dakar. Un questionnaire administré aux responsables des hôpitaux, chefs de services, surveillants de services et responsables de l’hygiène hospitalière et un entretien avec les personnels de soins et les opérateurs d’incinérateurs, avaient permis d’apprécier les mécanismes et les connaissances sur la gestion des DBM. L’analyse du contenu des entretiens, des observations et une fiche de saisie des données avaient permis de traiter les données recueillies.

Résultats

Sur les 150 questionnaires distribués, 98 réponses étaient obtenues, soit un taux de réponse de 65,3 %. Un entretien avec 75 travailleurs directement impliqués dans la gestion des DBM et des observations sur la gestion des DBM au niveau des 86 services étaient réalisés.
Les déchets tranchants et piquants et ceux de sang et fluides étaient retrouvés dans tous les services à l’exception des pharmacies, les déchets pharmaceutiques dans 66 services, les déchets infectieux dans 49 services et les déchets anatomiques dans 11 services.
Le tri des DBM était inadapté dans 53,5 % (n = 46) des services et l’utilisation du système de codage par couleur, effective dans 31,4 % (n = 27) des services. Des boîtes de sécurité pour le recueil des objets tranchants et piquants étaient disponibles dans 82,5 % (n = 71) des services et leur utilisation effective dans 51,1 % (n = 44) d’entre eux. Dans la majorité des services, un conditionnement inadapté était noté sous la forme d’une utilisation de bouteilles et poubelles en plastique pour le recueil et d’un remplissage à ras bord des boîtes de sécurité avec des débordements.
A l’exception de l’hôpital Principal, le lieu de stockage central était à ciel ouvert, non sécurisé avec des DBM jonchant le sol et souvent mélangés aux déchets assimilés à des ordures ménagères. Le transport des DBM vers le lieu de stockage central se faisait à l’aide de tables roulantes ou chariots dans 67,4 % (n = 58) des services et de brouettes dans 33,7 % (n = 29). L’élimination des DBM était effectuée dans de vieux incinérateurs ou à l’aide d’un four artisanal avec d’importantes émanations de fumées.
Les conditions de travail étaient jugées mauvaises par 81,3 % (n = 61) des travailleurs interviewés et les équipements de protection individuelle (EPI) disponibles dans 45,3 % (n = 39) des services.
Les connaissances sur la gestion des DBM étaient jugées suffisantes par 62,6 % (n = 47) des interviewés et les risques sanitaires liés aux DBM connus par 80 % (n = 60).

Conclusion

La gestion défectueuse des DBM est une réalité au niveau des structures hospitalières de Dakar et sa résolution passe par la sensibilisation des responsables pour une application effective de la législation, la mise en œuvre de programmes de gestion réalistes et la formation adaptée et continue du personnel.