A propos des troubles du goût post-traumatiques

Conclusion

La prise en charge d’un patient souffrant de troubles du goût est encore très complexe, particulièrement dans les suites d’un traumatisme crânien où ce symptôme est négligé par la personne elle-même, qui s’inquiète plutôt des questions vitales et qui est souvent convaincue du caractère provisoire du phénomène. Le long intervalle de temps avant la prise de conscience de la maladie empêche un traitement rapide.

Pour le médecin, le plus urgent est l’anamnèse. Il faut parler avec le patient non seulement du traumatisme mais aussi des problèmes rencontrés à l’hôpital, au retour à domicile, rechercher une éventuelle perte de poids, des changements de mode de vie, des troubles de l’humeur. Une fois le symptôme identifié, il faut confirmer la maladie de façon clinique et paraclinique.
Malheureusement, les méthodes objectives sont encore largement en cours d’expérimentation et n’ont pas encore suffisamment de validité, de reproductibilité, de sensibilité, de spécificité, de fiabilité. Elles ne sont pas encore normalisées, coûtent trop cher et sont encore insuffisamment développées.

Les tests subjectifs, même s’ils ont de nombreuses limites, donnent au moins une perception approximative du problème. Le médecin traitant bien que très impliqué, invitera le patient à consulter un spécialiste.
La même attention doit également être accordée au retour au travail.
Le problème concerne directement les quelques professionnels (sommeliers, goûteurs d’huile d’olive, cuisiniers, dégustateurs et employés à la vente de produits alimentaires), qui de toute façon subiront un préjudice important dans le cadre de leur travail.
Mais il y a aussi un problème « indirect » : ces travailleurs, sur une période plus longue, peuvent présenter une perte de poids, des troubles métaboliques et une dépression. Le médecin du travail doit connaître ces problèmes pour être en mesure d’intervenir à temps si la situation l’exige. Il est légitime d’espérer que ce long parcours sera pris en main par des spécialistes qui travailleront en synergie.

Un dernier point concerne la révision du montant de l’indemnisation. Les barèmes en Italie et en France vont de 1 à 5. [14]