Tapissier décorateur : un métier d’art..... mais pas seulement

Un fauteuil qui retrouve une nouvelle jeunesse

Tout d’abord, une petite description d’un fauteuil.
Il comporte :

  • un piètement généralement composé de quatre pieds, parfois renforcé par une entretoise,
  • une assise dont la profondeur est comprise entre 50 et 55 cm,
  • un dossier,
  • des accotoirs ou bras, qui peuvent être ajourés ou garnis, comportant ou non des manchettes. L’espace entre celles-ci est de plus ou moins 55 cm et se trouve à une hauteur de 60 cm du sol.

Il existe trois techniques de garnissage :

  • la technique traditionnelle utilise souvent le crin , disposé sur des ressorts fixés sur des angles,
  • la technique contemporaine utilise la mousse synthétique ainsi que des profilés,
  • la technique semi-traditionnelle utilise les deux techniques : une première partie en technique traditionnelle (sanglage et ressorts, la seconde en technique contemporaine (garniture en mousse).

Les étapes de la réfection d’un fauteuil

A travers photos et commentaires, nous allons vous convier à la réfection d’un fauteuil avec garniture traditionnelle en crin sur ressorts.

La réfection traditionnelle d’un fauteuil comprend différentes étapes :

Le dégarnissage
Le tapissier découvre puis dégarnit entièrement le siège pour ne garder que la carcasse. Ce travail est long et fastidieux car il faut retirer tous les clous et toutes les semences qui maintiennent l’ensemble de la couverture et de la garniture.

Photo 2 : avant dégarnissage

Photo 2 : avant dégarnissage

La remise en état de la carcasse
Selon l’état du siège, le tapissier doit souvent procéder à des collages pour renforcer la carcasse. C’est à cette étape qu’il est parfois amené à faire appel à un ébéniste pour la remise en état du meuble.

Le sanglage
La mise en place des sangles se fait à l’aide de semences et d’un tire-sangle.
(la méthode moderne utilise des sangles élastiques).

La mise en place de la garniture

  • Soit le tapissier fixe les ressorts,


  • Soit il procède à la mise en place d’une « âme en crin », après avoir fixé une première toile forte.

Cette étape concerne les sièges d’époque, l’ « âme en crin » remplaçant les ressorts (qui n’existaient pas).

Puis, il fixera une deuxième toile forte.

La mise en crin proprement dite

L’étape suivante est l’emballage du crin avec la toile d’embourrure, dont le tapissier assure le pointage tout autour et le point de fond avant de procéder au rabattage puis au piquage de cette toile.

Le tapissier-décorateur complète avec du crin après le piquage pour donner la forme bombée de l’assise.

et enfin pose la toile blanche qu’il va clouer.

puis il procède à la mise en ouate

La toile blanche est recouverte de ouate coton pour lisser et protéger le tissu qui ainsi, ne sera pas en contact direct avec la toile blanche.

La couverture
C’est l’étape préférée du tapissier qui voit son long travail se concrétiser. Il centre le motif du tissu ou l’aligne « selon les règles de l’art », puis le fixe à l’aide de semences ou de clous.

La mise en place du Jaconas
Le tapissier-décorateur recouvre le dessous du fauteuil de Jaconas (un tissu de coton fin et léger mais un peu serré se situant entre la mousseline et la percale), afin de masquer le sanglage du fond.
Les fauteuils d’époque,n’en reçoivent pas, afin de ne pas cacher la signature de l’ébéniste.

La finition
Les clous peuvent être remplacés par une lézarde ou un double passepoil, en fonction du style du fauteuil ou de l’effet recherché.

Petit résumé avec un accotoir ou bras :

Méthode moderne : à la place du crin, on met en place de la mousse (en matière Bultex généralement), découpée sur mesure.