Activités occasionnelles de soudage dans les entreprises

Docteurs Régine Codron, Jacques Alcouffe, Christophe Chaney, médecins du travail, ACMS
Docteurs Patrice Manillier, Victoria Mora, médecins du travail, membres du Comité d’Études Épidémiologiques de l’ACMS
Pierre-Yves Montéléon, conseiller technique du comité d’Études Épidémiologiques de l’ACMS
Maud Barret, Anne Marie Ferreira, Sylvie Fouchy, assistantes techniques, ACMS
Elise Gauthier, Nadine Méduric, IPRP, ACMS
Magali Noyé, secrétaire du Comité d’Études Épidémiologiques, ACMS
ACMS : Association interprofessionnelle des Centres Médicaux et Sociaux de santé au travail de la région Ile-de-France, 55, Rue Rouget de Lisle, 92158 SURESNES Cedex

Cet article a fait l ’objet d’une communication affichée lors du 33e Congrès de Médecine et Santé au travail, Lille, 3-6 Juin 2014.

Résumé

Le soudage occasionnel est pratiqué dans de nombreux métiers comme nous l’avait montré notre enquête préliminaire de 2011. Il présente des risques spécifiques notifiés dans la fiche d’entreprise mais les expositions sont peu souvent reportées dans le dossier médical.

Objectif

Repérer et caractériser les risques ; en assurer la traçabilité ; analyser les moyens de protection en place ; sensibiliser à la prévention et en faire le bilan à six mois.

Méthode

Enquête pluridisciplinaire en entreprise en deux temps :

  • intervention au printemps 2013,
  • puis évaluation de l’action à l’automne suivant.

A chaque étape, recueil des données par questionnaire standardisé et remise de documents de prévention.
Ont été exclus les postes de travail dont l’activité principale était le soudage ou l’oxycoupage.

Résultats

Les 21 enquêteurs ont visité 32 entreprises.
Les 47 questionnaires recueillis concernent 9 types de soudage et 170 salariés.
Les métiers de la réparation automobile (57,4 %) et de la maintenance (19 %) étaient les plus représentés.
Dans 75 % des cas, les activités de soudage avaient lieu au moins une fois par mois, surtout en atelier (80 %), sur de l’acier (70 %).
La préparation s’effectuait mécaniquement (70 %) et chimiquement (30 %).
Six mois après, 23,4 % des entreprises déclaraient avoir travaillé sur la prévention.
Lors de l’évaluation, les facteurs de risque ont été retrouvés moins fréquemment (diminution cumulée de 25%).
La protection (collective et individuelle) s’était améliorée (18,1 %), restait satisfaisante (43,5 %) ou insuffisante (32,7 %), ou s’était dégradée (5,7 %).

Conclusion

Cette intervention a permis de mieux caractériser les risques en vue de fiabiliser le recueil des données permettant la traçabilité dans le dossier médical. L’évaluation de l’action a montré une meilleure prise en compte de la prévention dans les entreprises.

Abstract : Occasional welding activities in companies 

Occasional welding activities are carried out in many jobs, as shown by our preliminary survey in 2011. Such activities pose specific risks noted in the company file, but such exposure is seldom reported in medical records.

Objective

To identify and characterise the risks associated with occasional welding, to ensure traceability, to analyse the means of protection in place, to raise awareness of preventive measures and to carry out an evaluation after six months.

Methods

We carried out a two-phase multidisciplinary survey in companies :

  • Intervention in spring 2013,
  • Evaluation of the intervention the following autumn.

At each step, data were collected on a standardized questionnaire and prevention documents were issued.
We excluded posts for which the principal activity was welding or flame cutting.

Results

The 21 investigators visited 32 companies. The 47 completed questionnaires obtained concerned nine types of welding and 170 employees. The most frequently represented jobs were in the repair (57.4%) and maintenance (19%) of cars. In 75% of cases, welding activities took place at least once per month, mostly in workshops (80%) and on steel (70%). Preparation was mechanical in 70% of cases, and chemical in 30% of cases. Six months later, 23.4% of the companies declared that they had worked to improve prevention. Risk factors were identified less frequently during the evaluation than at the time of the intervention (cumulative decrease of 25%). Protection (collective and individual) had been improved (18.1%), remained satisfactory (43.5%) or unsatisfactory (32.7%) or had deteriorated (5.7%).

Conclusion

This intervention made it possible to characterise the risks, with a view to making data collection more reliable and facilitating traceability in medical records. The evaluation of the intervention showed that the companies were paying more attention to prevention.