Situations de Travail Isolé Occasionnelles ou Permanentes (STIOP)

Résultats

Les 61 enquêteurs ont enregistré 1 603 questionnaires, 1 050 salariés ont déclaré ne pas être en situation de travail isolé. Parmi ceux qui se déclaraient en situation de travail isolé, 12 salariés ont refusé de participer à l’enquête.
D’autre part, nous avons exclu 238 questionnaires dont les réponses n’étaient pas exploitables.
Au final, ce sont 303 salariés (18,9 %) qui étaient occasionnellement (75,3 %) ou de façon permanente (24,7 %) en situation de travail isolé, « ni vus » ou « ni entendus ». Si l’on se concentre sur les salariés en STIOP permanente « ni vus » et « ni entendus » (24,7 % des 303 = 75) et qu’on les rapporte à l’échantillon global (1 603), nous constatons que 4,7 % des salariés de l’étude correspondent à la situation la plus péjorative.

Description des salariés qui se sont déclarés en STIOP (303)

Il s’agissait surtout d’hommes (65,3 %) d’un âge moyen de 41 ans, travaillant dans tous les secteurs d’activité (services 17,5 %, commerce 16,8 %, santé 10,2 %…) et dans des entreprises de toutes tailles. Pratiquement tous les salariés étaient en CDI (92,7 %), seulement 7,3 % avaient des contrats précaires. Il s’agissait d’employés (43,6 %), de cadres (24,8 %), d’ouvriers (16,5 %), d’agents de maîtrise (12,2 %) et de cadres dirigeants (2,6 %). Certains emplois exposaient d’évidence (agents de propreté, de maintenance, de sécurité…) d’autres pouvaient surprendre (directeur, hôtesse, secrétaire…). Les STIOP se rencontraient par ordre décroissant de fréquence : dans l’entreprise
(45,5 %), chez un client (21,7 %), sur un chantier (11,7 %), chez eux (11,7 %) et autres (9,4 %). La plupart des STIOP ne sont pas prises en compte dans les plans de prévention (70,9 %), elles surviennent au moins une fois par semaine pour 80,6 % des salariés concernés, pour une durée moyenne de 3 heures. Ces salariés dans leur quasi-totalité disposaient d’un téléphone (99,3 %) et seules 2 personnes n’avaient pas de téléphone, mais peu étaient équipés d’un système automatique d’alarme (17,7 %).
Nous ne présenterons que les résultats où apparaissaient des différences significatives sur les tableaux 1 à 7.

Analyse comparée des classes de STIOP

Nous avons croisé les deux classes de STIOP avec l’ensemble du questionnaire.

Il faut noter que la répartition hommes/femmes était équivalente dans la classe STIOP « certaines » contrairement à la classe STIOP « possibles » où les hommes sont plus représentés.

Analyse des STIOP « certaines » et STIOP « possibles » réunies (n = 303) :

Une personne est significativement plus souvent informée de la STIOP dans les entreprises de moins de 10 salariés par rapport à celles de plus grande taille.
Quelqu’un de l’entreprise est plus souvent informé des STIOP pour les ouvriers, employés et agents de maîtrise que pour les cadres.

Un protocole est plus souvent mis en place lorsque la STIOP a lieu hors entreprise et nettement moins souvent lorsqu’il s’agit de travail à domicile.
Lorsqu’un protocole existe, le salarié en STIOP informe significativement plus souvent de son arrivée et de son départ que lorsqu’il n’y a pas de protocole (p = 0,02).
Un protocole régissant les STIOP existe plus souvent pour les ouvriers et employés que pour les cadres (p = 0,002).
Lorsque dans le protocole existe un DATI (Dispositif d’Alarme pour Travailleurs Isolés), il est plus souvent disponible (p < 0,001) et de même, ce DATI est plus souvent disponible lorsque la STIOP est quotidienne par rapport à une STIOP hebdomadaire ou mensuelle (p = 0,047).

Les STIOP sont plus souvent quotidiennes lorsqu’elles ont lieu hors entreprise et plus souvent hebdomadaires quant elles ont lieu chez soi.
Les ouvriers, employés/agents de maîtrise sont plus souvent en STIOP quotidiennement alors que c’est plus souvent une fois par mois ou moins pour les cadres.

La durée de la STIOP croît significativement quand elle a lieu chez soi.

On constate plus souvent l’existence d’une personne informée de la STIOP lorsque celle-ci est plus fréquente (quotidienne et/ou hebdomadaire versus mensuelle ou moins). De même, la conduite à tenir est plus souvent connue.

Moins d’un quart des salariés informe de son arrivée et de son départ quelle que soit la durée de la STIOP. Le tiers informe de son arrivée ou de son départ quand la STIOP dure de 1 à 4 heures. Alors que cette proportion diminue pour les STIOP de moins d’une heure et celles de plus de 4 heures (p < 0,05).

La STIOP est moins signalée à l’entreprise lorsqu’elle a lieu chez soi de manière hautement significative.

Notre questionnaire se terminait par des commentaires libres et facultatifs. La majorité d’entre eux étaient redondants avec les questions fermées précédentes mais certains apportaient des informations pertinentes :

  • « Il m’est arrivé d’avoir un problème et de ne pas savoir comment prévenir quelqu’un »,
  • « portable oui, mais ne passe pas dans le local »,
  • « seul uniquement pendant les congés d’août, de décembre et les ponts »,
  • « je suis seul dans ma cuisine de production sauf au moment du service »,
  • « ouverture du magasin le matin, ne doit pas ouvrir le magasin seule normalement (risque d’agression) mais absence de collègue fréquente ».