Cadre de vie des usagers, lieux de travail des intervenants service à la personne

Déploiement de l’action en milieu de travail

Première réponse

Les médecins du travail ont établi un contact téléphonique avec les responsables des associations afin de leur préciser les objectifs, le contenu et la durée des interventions proposées : aides à l’élaboration du DU, à l’évaluation des risques, à la réalisation d’un plan d’actions de prévention, à l’élaboration des fiches de prévention de la pénibilité au travail.
Pour mener à bien ces actions, il a été demandé aux directions des services d’aide à la personne de mobiliser en interne des ressources humaines. Ces ressources ont permis à l’intervenant de l’ACMS qui ne peut se rendre au domicile des usagers (domaine privé), de prendre connaissance du travail réel.

La réponse favorable des employeurs a permis à l’IPRP d’établir un planning pour organiser des réunions de travail avec les salariés et des études de poste.

Intervention

Pour informer les directeurs et les coordinateurs sur les méthodes de repérage des différents risques professionnels, l’IPRP du SIST s’est appuyé sur le guide général du DU et sur le kit spécifique d’évaluation des risques pour les « Services à la personne ».
(cités précédemment dans la rubrique revue de la littérature).
Le premier support, a été utilisé pour proposer un cadre général à l’évaluation des risques en entreprise, permettre une cotation en vue de hiérarchiser les risques et élaborer un plan d’action de prévention.
Le second support, a permis d’illustrer les sources potentielles de dangers auxquelles peuvent être confrontés les intervenants lors de leur travail aux domiciles des usagers et lors de leurs déplacements.
Ce support orienté métier a permis aux coordinatrices des services d’aide à domicile d’être sensibilisées à un élément essentiel de prévention, à savoir le repérage des risques potentiels. Elles ont pris conscience des différents dangers auxquels étaient exposées les aides à domicile lors de leur vacation chez l’usager. Il est important de garder à l’esprit qu’il n’existe pas de cadre unique de travail, chaque lieu de travail possédant ses spécificités et ses risques propres.

De la description des activités réelles effectuées par chacun des professionnels, deux unités de travail ont pu être identifiées : les administratifs, les intervenants à domicile.

Pour les intervenants à domicile les risques prédominants suivants ont été identifiés.

  • Les risques liés aux activités physiques  : manutentions manuelles de charges, postures pénibles et gestes répétitifs.

Les “manutentions manuelles” et le port de charge se rencontrent plus particulièrement :

    • lors des soins à la personne : lever, coucher, toilette de personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap,
    • lors des activités de ménage : déplacement des meubles,
    • lors des courses : achat d’articles lourds (pack d’eau).

Les postures pénibles telles que flexion du tronc à plus de 45° et torsion du tronc de plus de 30° sont constatées lors des activités ménagères de nettoyage (vitres, sols, baignoires, etc.…) ou de réfection du lit.

Les gestes répétitifs des membres supérieurs ont lieu essentiellement lors du repassage du linge ou du nettoyage des vitres.

Remarque : L’exposition à ces risques, retenus réglementairement comme facteurs de pénibilité est à apprécier pour tous les salariés concernés. La pénibilité au travail est caractérisée si les seuils d’exposition définis par les employeurs pour la période 2012-2014 sont atteints. Des seuils d’exposition réglementaires ont été publiés pour une période qui s’étend au-delà de 2015.

  • Les risques infectieux et biologiques
    Ils sont rencontrés :
    • lors des activités de soins : toilettes, contact avec les liquides biologiques, AES (accidents avec exposition au sang) lors des actes infirmiers et
    • lors des activités ménagères : élimination des déchets, contact avec le linge souillé.
  • Les risques liés à la charge mentale
    Les intervenants seuls au domicile peuvent être en contact :
    • avec des usagers agressifs et/ou des familles difficiles,
    • avec des patients atteints de maladies neurologiques dégénératives, type maladie d’Alzheimer ou de sénilité et qui ne bénéficient pas de prise en charge spécifique,
    • avec des patients en fin de vie.

Par ailleurs, les missions peuvent être plus ou moins difficiles en fonction de la lourdeur du handicap du patient, du temps de déplacement entre deux usagers, des horaires variables de prise en charge.
Les salariés travaillent généralement par roulement en horaires atypiques mais aussi pour certains le week-end et la nuit. De plus, les jours de repos ne sont pas nécessairement fixes ou consécutifs.

Remarque : Le travail de nuit, rythme de travail retenu comme facteur de pénibilité, est à apprécier pour les salariés concernés en fonction du seuil d’exposition réglementaire.

  • Les risques inhérents au domicile, sources d’accidents de travail : chute, coupure, brûlure, électrisation, etc.
  • Le risque routier lié :
    • aux déplacements multiples des intervenants travaillant parfois sur des secteurs géographiques très étendus notamment en milieu rural,
    • aux intempéries,
    • à l’état du véhicule (plus ou moins satisfaisant),
    • à l’utilisation du téléphone en conduisant (avec ou sans kit mains libres, Bluetooth).
  • Le risque chimique lors de l’utilisation de produits de soins, de nettoyage qui peuvent être irritants et/ou allergisants, notamment s’ils sont utilisés sous forme d’aérosols.