Cadre de vie des usagers, lieux de travail des intervenants service à la personne

Michèle Athurion(1), Thérèse Azah(1), Anne Szyjka(1), Marie-Claire Vecchioni(1), Rémi Petitfour(2), C. Zind(3)

(1) Médecin du travail
(2) Responsable de pôle sécurité au travail
(3) Technicienne HSE

ACMS : www.acms.asso.fr

Cet article a fait l’objet d’une communication orale lors du 33e Congrès de Médecine et Santé au travail, Lille, 3-6 juin 2014.

Résumé

Le service d’aide à la personne est un domaine en plein essor qui présente de nombreuses situations à risque, longtemps ignorées dans la mesure où les intervenants travaillent principalement au domicile des usagers considéré comme lieu privé. De ce fait, les services d’aide à la personne n’intégraient pas jusqu’à présent les expositions professionnelles.
L’objectif de notre intervention était d’aider les associations d’aide à domicile à agir en prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail pour leurs intervenants.
La méthode utilisée a consisté en une identification des situations dangereuses selon deux étapes : une revue de la littérature et des interventions dans les associations.
Le médecin du travail a recueilli des informations au travers des visites médicales, auprès des intervenants et au travers des contacts avec les employeurs lors de la réalisation de la fiche d’entreprise. L’infirmière de santé au travail a été incluse dans le processus via les entretiens professionnels.
La technicienne HSE, "intervenante en prévention des risques professionnels" (IPRP), aidée du kit de prévention « Services à la personne » et du guide d’aide à l’élaboration du document unique d’évaluation des risques a informé les directeurs des associations et leurs cadres sur les méthodes de repérage et d’évaluation des risques.
Les retours après ces interventions sont satisfaisants.
L’élaboration du document unique d’évaluation des risques prend en compte dorénavant, les activités de travail effectuées dans les cadres de vie privés (domicile, jardin), mais aussi l’environnement social des usagers et les déplacements en mission. La sphère d’action de la visite de repérage a été élargie pour intégrer à présent les risques professionnels rencontrés au domicile des usagers.
Les expériences individuelles positives face à des situations particulières (urgence, demande inhabituelle) sont recensées comme bonnes pratiques.
Au total, cette intervention pluridisciplinaire est encourageante. Les plans d’action proposés par les intervenants des services de santé au travail contribuent à participer au maintien de la santé des intervenants de soins à domicile tout en développant un collectif de travail.

Abstract : Working conditions of home helps and the living environment of their clients 

Home help (care for the elderly, childcare etc.) is a growing sector presenting many situations at risk that have long been ignored because home helps generally work in the homes of their clients, which are considered to be private property.
This situation has resulted in an absence of occupational risk assessment for home helps. The objective of our intervention was to assist home help associations in the prevention of occupational risks and to improve working conditions for home helps.
We used a two-step approach to identify dangerous situations: a literature review, followed by interventions within the associations.
An occupational physician collected information during the medical visits of home helps and through contact with the employers during the establishment of company records. An occupational health nurse was included in the process, through attendance at annual interviews.

The occupational health and safety officer, with the help of the “Home help” risk prevention kit and a guide for drawing up a single risk assessment document, informed the heads of the associations and their executives about the methods for identifying and evaluating risks.
The results were satisfactory. This new single risk assessment document takes into account working activities performed on in the living environment of clients (home, garden), the social environment of home help user and work-related travel. The scope of the risk assessment visit was expanded to include occupational hazards encountered in the home of the client. Positive individual experiences in the face of particular situations (emergencies, unusual requests) were considered to constitute good practice.
Overall, this multidisciplinary intervention gave encouraging results. The action plans proposed by the occupational health workers will help to ensure the health of home helps and will the development of a collective agreement.