Exposition aux vibrations corps entier chez les conducteurs d’engins de manutention dans le secteur de la logistique :
Apport de l’équipe pluridisciplinaire
d’un service de santé au travail interentreprises

Mathieu Chauvet 1)*, Régine Codron 2), Laurence Magnol 1)(†), Victoria Mora 2)

1) Technicien Hygiène Sécurité Environnement. ACMS
2) Médecin du travail, ACMS
* auteur correspondant : mathieu.chauvet@acms.asso.fr

www.acms.asso.fr

Cette étude a fait l’objet d’une présentation orale lors du 18e Colloque de l’ADEREST (Association pour le Développement des Études et Recherches Épidémiologiques en Santé Travail), Angers 12-13 Mars 2018.

Résumé

Introduction

Les conducteurs d’engins de manutention sont exposés à des vibrations transmises au corps entier, par le siège ou par la plate-forme sur laquelle ils se tiennent debout, pouvant être à l’origine de risques pour la santé et la sécurité des salariés.
Réglementairement, deux valeurs d’exposition journalière sur huit heures sont définies : l’une de 0,5 m/s² déclenche l’action de prévention et impose de réduire les risques et l’autre, de 1,15m/s², correspond à la valeur limite d’exposition journalière au-dessus de laquelle les salariés ne devraient pas être exposés.

Objectif

Une équipe pluridisciplinaire d’un service de santé au travail interentreprises s’est intéressée à l’évaluation métrologique de ces vibrations et aux préconisations délivrées aux entreprises et à leurs salariés en matière de prévention des risques professionnels.

Méthode

De 2012 à 2016, des mesurages ont été réalisés dans 15 entrepôts logistiques de Seine-et-Marne sur 72 engins de manutention : 33 chariots frontaux et 39 transpalettes à conducteur porté. Les mesures de vibrations ont été réalisées selon les normes en vigueur, avec des accéléromètres tri-axiaux pendant 15 à 40 minutes (les résultats ont été standardisés sur une période de référence de huit heures).

Résultats

Quatre mesures sont au-dessus de 1,15 m/s², uniquement chez les conducteurs debout, 32 mesures se situent entre 0,5 et 1,15 m/s² et 36 mesures sont en dessous de 0,5 m/s². Les mesures au-delà de 0,5 m/s² se répartissent de façon égale entre les engins à conducteur debout et ceux à conducteur assis, majoritairement pour des activités de chargement et déchargement (86%) ; l’axe de la vibration responsable du risque est vertical (98,6%).

Discussion

Pour réduire les effets de ces vibrations et leurs conséquences sur la santé, nos recommandations sont quadruples : le matériel (remplacement du matériel usagé, maintenance préventive, limitateur de vitesse), l’environnement de travail (maintenance des sols, niveleurs de quais, éclairage), l’organisation du travail (cadence, plan de circulation, temps de conduite), le comportement du conducteur (vitesse adaptée, ajustement du siège).

Conclusion

Pour chaque entreprise, nos résultats et recommandations ont été restitués aux employeurs et aux salariés. Ils ont conduit à la co-construction d’un plan d’action de prévention qui fera l’objet d’un accompagnement dans le temps par l’équipe de santé au travail avec un suivi des préconisations et une sensibilisation des caristes.

Déclaration d’intérêt  : aucun