Suivi des salariés vus en visite de pré-reprise : enquête exploratoire

Pascal-Pierre FAU-PRUDHOMOT(1)(2), Pierre-Yves MONTELEON(2), Fanny PERRIN-BLANC(1), Bertrand XERRI(1)
(1) Médecin du travail,
(2) Épidémiologiste
ACMS - 55, rue Rouget de Lisle 92158 Suresnes Cedex

www.acms.asso.fr

Résumé

Contexte
De nombreuses démarches de prévention de la désinsertion professionnelle reposent aujourd’hui sur la promotion des visites de pré-reprise (VPR). Pourtant, peu de données permettent de documenter l’impact de ces visites pour le maintien en emploi.

Objectif
Développer un indicateur reposant sur le suivi de salariés vus en VPR (devenir médico-professionnel, évaluation par les médecins du travail participants de l’impact potentiel de ces visites pour la prise en charge des salariés).

Méthode
Enquête rétrospective par questionnaire. Les données étaient recueillies à partir du dossier médical des salariés. Les premiers salariés vus en VPR en 2016 étaient inclus par ordre chronologique. Les éléments du dossier étaient complétés par l’interrogatoire des salariés et employeurs pour obtenir des données sur le devenir médico-professionnel.

Résultats
Ont été inclus dans l’étude, 290 salariés. Un an après la VPR, les deux-tiers des salariés sont maintenus en emploi et plus de la moitié des salariés ont bénéficié d’aménagements de leurs postes de travail. Un avis d’inaptitude a été rendu dans les suites de la VPR pour 27,9 % d’entre eux (80/290) et 13 des 80 salariés déclarés inaptes ont été reclassés en interne ou en externe. La plupart des médecins du travail participants a considéré que la VPR avait influencé positivement le devenir médico-professionnel des salariés et a permis de fournir une information appropriée aux salariés.

Conclusion
Disposer d’indicateurs PDP (prévention de la désinsertion professionnelle) représentatifs des actions mises en œuvre pour le maintien dans l’emploi est nécessaire. A ce titre, le suivi des salariés vus en VPR peut être intéressant et une réflexion doit être conduite sur l’opportunité de la systématisation de cette mesure.

Abstract : Follow-up of employees seen during visits prior to work resumption: Exploratory investigation 

Background
Many approaches targeted in the prevention of occupational disintegration (FR: la prévention de la désinsertion professionnelle, PDP) rely on the promotion of occupational health visits before resuming work (FR: la visite de pré-reprise, VPR). However, there are very little data that can document the impact of these visits for the retention of employment.

Objective
Development of an indicator based on the follow-up of employees seen during the occupational health visits before they resume work. This includes the employee’s medical and professional development, and the evaluation of the possible impact of these visits by the participating occupational specialists for the support of employees.

Method
Retrospective survey using questionnaires. The data was collected from the employees’ medical records. The first employees seen during these visits in 2016 were included in chronological order. The information in the file were completed by the questioning of employees and employers to obtain data for the medical and professional development of employees.

Results
The study included 290 employees. A year after the medical visits, two-thirds of the employees remain in employment whilst more than half of them have benefited from adjustments made to their workstations. Following the visits, a statement of unfitness for work was issued for 27.9% of the employees (80/290) and 13 out of 80 employees that were declared unfit for work had been deployed within and outside of the company. Most of the participating occupational specialists agree that these occupational health visits provide appropriate information to employees and have a positive influence on their medical and professional development.

Conclusion
It is necessary to have indicators representing the actions implemented for the retention of employment. In this respect, the follow-up of employees seen during visits prior to work resumption could be of interest and further discussion is needed to determine the possibility of systemising this approach.