Cancer du poumon et exposition professionnelle aux métaux : une revue des études épidémiologiques

P. WILD, E. BOURGKARD, C. PARIS Documents pour le Médecin du Travail, DMT. - 2008. - N° 114. - Pages 201-219. - Bibliographie

L’étude s’est concentrée sur les éléments et leurs composés immédiats pour lesquels une suspicion de cancérogénicité a été publiée et qui sont classés typiquement « cancérogènes probables » ou « possibles ». Les arguments épidémiologiques pour une cancérogénicité semblent indiscutables pour l’arsenic, le chrome VI et le nickel bien que tous les composés du nickel ne soient pas forcément cancérogènes. La cancérogéncité du béryllium est plus controversée malgré le classement du béryllium par le CIRC comme cancérogenèse pour les êtres humains. Il en est de même pour le cadmium. En ce qui concerne la silice, des études récentes confirment le fait que globalement, la silice cristalline est cancérogène mais que dans certaines circonstances, ce risque n’apparaît pas. Pour le titane, les seules études existantes concernent des populations exposées au dioxyde de titane et le seul excès observé dans une des études ne paraît pas attribuable à l’exposition.

En dépit d’un risque élevé de cancer broncho-pulmonaire dans certaines populations exposées au plomb, aucune relation dose-réponse ne semble exister entre cette exposition et le risque de cancer du poumon. Une augmentation modérée mais constante des cancers du poumon existe dans de nombreuses populations exposées à des oxydes de fer, mais cet effet peut être dû à des co-facteurs, et ne peut être considéré par défaut comme attribuable aux oxydes de fer. Enfin, les études épidémiologiques menées dans l’industrie des métaux durs suggèrent un possible effet cancérogène du cobalt en présence de carbure de tungstène.

(publié le 29 janvier 2009)