Epidémiologie et prévention des maladies transmissibles. Méthodes de surveillance

P. CZERNICHOW, V. MERLE La Revue du Praticien. - 2008. - Vol. 58. - N° 11. - Pages 1241-1247

La connaissance de la fréquence, des modalités de transmission et des facteurs protecteurs ou favorisant les infections est indispensable pour élaborer des politiques de prévention efficace.

Une surveillance épidémiologique est nécessaire s’appuyant sur une collecte systématique et continue, suivie d’une analyse et d’une interprétation des données et complétées d’un retour d’information pertinent vers les responsables susceptibles de les utiliser pour organiser des réponses individuelles ou collectives. L’organisation de la surveillance en France s’appuie sur diverses sources : collectes des données sur le terrain par un médecin généraliste ou hospitalier, un laboratoire ou un centre de référence sollicité, coordination et validation de certaines données par un médecin-inspecteur de santé publique dans les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass), enfin mission générale de surveillance des maladies transmissibles par l’InVS (Institut de veille sanitaire) tandis que la DGS décide des mesures de prévention.

Les certificats de décès sont codés centralement et analysés par l’Inserm. D’autres dispositifs de surveillance existent : le réseau de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, les enquêtes de prévalence de l’hépatite à virus C dans un échantillon d’assurés sociaux et l’Observatoire national de l’épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Certaines infections justifient une déclaration aux autorités sanitaires du fait de leur gravité, de leur risque épidémique, de la nécessité d’une intervention rapide, du besoin de connaissances, de l’objectif d’éradication. On distingue le signalement  : démarche urgente en vue d’une action individuelle et la notification : démarche visant à produire une information collective sur toutes les infections à déclaration obligatoire. La prévention des maladies transmissibles peut viser une baisse d’incidence (contrôle), la disparition des nouveaux cas (élimination), la disparition de la maladie et du réservoir microbien (éradication).

Les mesures à mettre en place varient selon les cas : isolement ou éviction des cas infectés, suppression de la source ou du réservoir, prophylaxie des sujets contacts, action sur les vecteurs ou réservoirs environnementaux (utilisation de matériel à usage unique, stérilisation, désinfection).

(publié le 22 janvier 2009)