Facteurs de risque environnementaux de la maladie de Parkinson et des syndromes parkinsoniens : l’étude Géoparkinson.

Environmental risk factors for Parkinson’s disease and parkinsonism : the Geoparkinson study. F.D. DICK, G. DE PALMA, A. AHMADI, N.W. SCOTT, G.J. PRESCOTT, J. BENNETT, S. SEMPLE, S. DICK, C. COUNSELL, P. MOZZONI, N. HAITES, S. BEZZINA WETTINGER, A. MUTTI, M. OTELEA, A. SEATON, P. SÖDERKVIST, A. FELICE au nom du groupe d’étude Géoparkinson Occupational and Environmental Medicine, 2007, vol. 64, n° 10, p. 666-672. - Bibliographie.

Les objectifs de cette enquête étaient d’étudier les associations entre la maladie de Parkinson et d’autres syndromes parkinsoniens dégénératifs avec des facteurs environnementaux dans cinq pays européens.

Une enquête cas-témoin a été menée portant sur 959 cas prévalents de syndromes parkinsoniens (dont 767 cas de maladie de Parkinson) et sur 1 989 témoins en Ecosse, Suède, Italie, Roumanie et à Malte. Les cas ont été définis en utilisant les critères de la banque de données sur la maladie de Parkinson de la Société du Cerveau du Royaume-Uni, et les malades ayant un syndrome parkinsonien vasculaire ou induit par des médicaments ou bien une démence ont été exclus. Les sujets ont complété un questionnaire, administré par un enquêteur, portant sur les expositions professionnelles et de loisirs pendant la vie entière aux solvants, aux pesticides, à l’acier, au cuivre et au manganèse. Les expositions moyennes annuelles et au cours de la vie entière ont été estimées, en aveugle pour les cas et les témoins en utilisant une matrice emploi exposition modifiée selon un modèle d’exposition subjective. Les résultats ont été analysés au moyen d’une régression logistique multiple, avec des ajustements pour l’âge, le sexe, le pays, le tabagisme, l’éventualité de traumatisme crânien avec perte de connaissance, et les antécédents familiaux de maladie de Parkinson.

Les analyses par régression logistique ajustée ont montré des odds ratios significativement augmentés pour la maladie de Parkinson et les syndromes parkinsoniens avec une relation exposition- réponse pour les pesticides [exposition faible versus aucune exposition, odds ratio (OR) = 1,13 ; IC 95 % 0,82 à 1,57 ; exposition forte versus aucune exposition, OR = 1,41 ; IC 95 % 1,06 à 1,88] et éventualité d’un traumatisme crânien avec perte de connaissance (une fois versus jamais, OR = 1,35 ; IC 95 % 1,09 à 1,68 ; plus d’une fois versus jamais, OR = 2,53 ; IC 95 % 1,78 à 3,59). La consommation pendant plus d’un an de médicaments hypnotiques, anxiolytiques ou antidépresseurs et un antécédent familial de maladie de Parkinson montraient des odds ratios significativement augmentés. La consommation de tabac apparaissait protectrice (OR = 0,50 ; IC 95 % 0,42 à 0,60). Les analyses spécifiques pour les seuls sujets ayant une maladie de Parkinson donnaient des résultats similaires.

En conclusion, l’association de l’exposition aux pesticides avec la maladie de Parkinson suggère un rôle causal. Des pertes de connaissance d’origine traumatique répétées sont associées avec une augmentation du risque.

(publié le 22 septembre 2008)