Interactions gène-environnement dans la maladie de Parkinson et les syndromes parkinsoniens : l’étude Géoparkinson.

Gene-environment interactions in parkinsonism and Parkinson’s disease : the Geoparkinson study. F.D. DICK, G. DE PALMA, A. AHMADI, A. OSBORNE, N.W. SCOTT, G.J. PRESCOTT, J. BENNETT, S. SEMPLE, S. DICK, P. MOZZONI, N. HAITES, S. BEZZINA WETTINGER, A. MUTTI, M. OTELEA, A. SEATON, P. SODERKVIST, A. FELICE, au nom du groupe d’étude Géoparkinson Occupational and Environmental Medicine, 2007, vol. 64, n° 10, pages 673-680. - Bibliographie.

(Gene-environment interactions in parkinsonism and Parkinson’s disease : the Geoparkinson study.)

Les objectifs de cette enquête multicentrique européenne étaient d’explorer les associations de la maladie de Parkinson et des syndromes parkinsoniens avec des gènes polymorphiques qui influencent le métabolisme tant de substances étrangères que de la dopamine et de rechercher la preuve des effets des interactions gène-environnement qui modifient le risque.

Une enquête cas-témoin a été menée portant sur 959 cas prévalents de syndromes parkinsoniens (dont 767 cas de maladie de Parkinson) et sur 1 989 témoins recrutés dans cinq centres européens.

Des hygiénistes industriels ont estimé l’intensité moyenne annuelle de l’exposition aux solvants, aux pesticides et aux métaux (acier, cuivre, manganèse), en aveugle par rapport au statut de cas ou de témoin. Les génotypes ont été réalisés concernant : CYP2D6, PON1, GSTM1, GSTT1, GSTM3, GSTP1, NQO1, CYP1B1, MAO-A, MAO-B, SOD2, EPHX, DAT1, DRD2 et NAT2. Les résultats ont été analysés au moyen d’une régression logistique multiple avec ajustement pour les facteurs de confusion. Il y avait une association modeste mais significative entre le polymorphisme MAO-A chez les hommes et le risque de la maladie (G versus T ; OR 1,30 ; IC 95 % 1,02 à 1,66 ; ajusté). La majorité des analyses gène-environnement ne montrait pas d’effets d’interactions significatives. Il y avait des effets possibles d’interaction entre le génotype « GSTM1 nul » et l’exposition aux solvants (qui était plus fort lorsqu’on se limitait à la seule maladie de Pakinson). En conclusion, de nombreuses petites enquêtes ont signalé des associations entre des polymorphismes génétiques et la maladie de Parkinson.

Beaucoup moins d’études ont examiné les interactions gène-environnement. Cette grande enquête avait suffisamment de puissance pour étudier ces aspects. Les sujets « GSTM1 nul », fortement exposés aux solvants, apparaissent être à un risque augmenté de maladie de Parkinson.

Il n’y avait pas suffisamment de preuve pour que les autres combinaisons gène-environnement étudiées modifient le risque de maladie, ce qui laisse à penser qu’elles contribuent très peu dans la survenue de la maladie de Parkinson.

(publié le 22 septembre 2008)