L’épidémiologie en santé au travail (III)
Clés pour une lecture efficace d’études épidémiologiques analytiques

E. BOURGKARD, V. DEMANGE, C. AUBRY Documents pour le Médecin du Travail, DMT. - 2008. - N° 114. - Pages 175-188. - Bibliographie

L’objectif de cet article est de donner des éléments pour la lecture critique d’une publication d’étude épidémiologique analytique. Pour ce faire, il passe en revue les différentes parties d’une publication et rappelle ce que le lecteur doit trouver : l’objectif de l’étude, le type d’étude épidémiologique adopté (étude cas-témoins ou étude de cohorte), la population étudiée, la nature des données recueillies et les modalités de recueil. Le lecteur doit pouvoir comprendre l’usage des méthodes multivariées comme la régression logistique qui permet de mettre en évidence les facteurs de risque d’une maladie après ajustement sur ou plusieurs facteurs de confusion. La mesure de l’association entre une exposition et un effet sur la santé est exprimé sous la forme d’un risque relatif (RR) dans les études exposés-non-exposés ou d’un odds-ratio (OR) dans les études cas-témoins. La mise en évidence d’un risque statistiquement significatif dans une étude épidémiologique n’est pas suffisante pour conclure à une association causale. Il faut aussi tenir compte des biais (qui sont des erreurs dans l’estimation d’un paramètre).

On peut distinguer le biais de sélection ou de recrutement, le biais de classement, le biais de subjectivité de l’enquêteur, le biais de mémorisation, le biais de confusion. Afin de juger du degré de plausibilité d’une relation causale, il est nécessaire qu’un ensemble de critères soit satisfait : force de l’association, séquence dans le temps, relation dose-effet, reproductibilité des résultats de l’association avec d’autres études, plausibilité biologique de l’association, effet d’une intervention supprimant une exposition délétère. Au total, la lecture critique d’études épidémiologiques analytique est d’analyser si l’objectif de la recherche est suffisamment précis et les méthodes valides pour produire un résultat non erroné.

(publié le 22 janvier 2009)