Risques de violence en milieu de soins
Résultats de l’enquête européenne « NEXT »

Violence risks in nursing—results from the European ’NEXT’ Study M. ESTRYN-BEHAR, B. VAN DER HEIJDEN, D. CAMERINO, C. FRY, O. LE NEZET, P.M. CONWAY and H.M. HASSELHORN Occupational Medicine. - 2008, vol. 58, n° 2, p. 107-114. - Bibliographie

Une recherche récente suggère que la violence interne et externe en milieu de soins est en augmentation et que cela influence fortement aussi bien le recrutement et le maintien dans l’emploi des infirmières que les niveaux d’arrêts maladie et de burnout.

Les buts de cette étude étaient d’identifier la prévalence de la violence en milieu de soins et de fournir une base pour des interventions appropriées. Des infirmières de 10 pays européens ont répondu à un questionnaire et à une évaluation du suivi. Une régression logistique multiple adaptée pas à pas a été utilisée pour évaluer l’association entre la fréquence de la violence, les facteurs liés à l’équipe de travail et d’autres facteurs liés au travail et leurs conséquences, tels que le burnout, l’intention de quitter la profession et l’intention de changer d’institution.

Un total de 39 894 infirmières a répondu au questionnaire de départ (taux de réponse de 51 %). Après ajustement pour l’âge, le sexe et d’autres facteurs de risque, la qualité de l’équipe de travail est apparue être un facteur majeur avec des odds ratio (OR) de 1,35 (1,24 à 1,48) pour une qualité moyenne et de 1,52 (1,33 à 1,74) pour une faible qualité. L’incertitude concernant les traitements des patients était liée avec la violence, avec un gradient net (OR 1,56 ; 1,47 à 1,72 pour une incertitude moyenne et 2,13 ; 1,88 à 2,41 pour une incertitude élevée).

Le fait de travailler seulement en poste de nuit était à haut risque (OR 2,17 ; 1,76 à 2,67). Des niveaux élevés de contrainte temporelle et de charge physique étaient associés avec la violence respectivement : OR 1,45 (1,24 à 1,69) et 1,84 (1,66 à 2,04). Une fréquence élevée et moyenne de violence était associée avec des niveaux plus élevés de burnout, d’intention de quitter la profession et d’intention de changer d’institution.

Une évaluation du suivi à un an indiquait une stabilité des liens entre les conséquences. En conclusion, cette enquête soutient les efforts destinés à améliorer les facteurs liés à l’équipe de travail puisqu’ils sont associés avec une diminution de la violence envers les infirmières.

(publié le 22 janvier 2009)