Surveillance épidémiologique des effets de l’exposition à l’amiante.

M. GOLDBERG, P. BOFFETTA, A. GILG, S. CHAMMMING’S, P. ROLLAND, S. DUCAMP, P. BROCHARD, F. GALATEAUSALLÉ, J.C. PAIRON, P. ASTOUL, A. DE QUILLACQ, C. FRENAY, E. IMBERNON, M. CARTON, M. NACHTIGAL, J. HOMÈRE, S. BONNAUD, A. SERRANO, C. PARIS, M. LETOURNEUX, E. SCHORLÉ, J. AMEILLE, C. BUISSON, C. PIORGET, S. JULLIARD, D. LUCE Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH. - 2007. - n° 41/42. -pages 345-363.

Numéro thématique.

Ce numéro fait le point sur l’importance d’une surveillance en lien avec les risques liés à l’amiante. L’amiante est un cancérogène avéré qui induit des mésothéliomes, des cancers du poumon et très vraisemblablement des cancers du larynx mais aussi des pathologies non tumorales. L’immense majorité de ces pathologies est consécutive à des expositions professionnelles. Aujourd’hui, dans de nombreux pays occidentaux, l’exposition à l’amiante est moins importante en raison de l’interdiction de la plupart des usages de l’amiante et des précautions prises. Aujourd’hui, les professionnels les plus exposés sont les ouvriers du bâtiment et de la maintenance. Mais dans beaucoup de pays moins développés, de forts niveaux d’exposition sont encore fréquents dans de nombreux milieux professionnels.

Le programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) a été initié en 1998. Il couvre aujourd’hui 18 millions d’habitants, soit le tiers de la population française ; il est destiné à documenter de façon permanente les évolutions de l’épidémie de mésothéliome qui devrait continuer de se développer pendant au moins deux ou trois décennies en France.

Afin de repérer les salariés et les artisans retraités, les programmes « Spirale » et « Espri » ont été mis en place afin de leur permettre de bénéficier d’un suivi médical. Un suivi de cohorte est également mis en place.

Une expérimentation a été menée dans quatre régions (Aquitaine, Haute-Normandie, Basse- Normandie et Rhône-Alpes). Les premiers résultats confirment la faisabilité d’un dispositif de suivi médical des personnes ayant été exposées à l’amiante et qui ne sont plus en activité. Dans ce protocole, la population ciblée ne concernait que les sujets volontaires se considérant comme potentiellement exposés du fait de leurs activités antérieures.

Ce numéro fait également état des cinq cas de mésothéliome pleural apparus parmi le personnel du campus parisien de Jussieu (floqué à l’amiante) et n’ayant pas subi d’exposition active à l’amiante. Ces observations soulignent l’importance de l’impact sanitaire de la pollution passive à l’amiante des locaux de travail.

(publié le 22 septembre 2008)