Le stress au froid. Mesures de prévention en cas d’exposition à un froid climatique ou artificiel et sources d’information sur le Web.

W.L.C. VAN HOOSTE Médecine du Travail et Ergonomie. - 2006. - Vol XLIII. - N° 3. - Pages 99-112. - Bibliographie.
L’INRS estime à 100 000 le nombre de personnes travaillant en ambiance froide (températures inférieures à 10 °C) principalement dans l’industrie alimentaire. On parle de stress au froid lorsque le corps perd plus de chaleur qu’il n’en produit. Il se caractérise par un refroidissement de l’ensemble du corps, un refroidissement des extrémités, un refroidissement de la peau par convection, par contact et un refroidissement des voies respiratoires. La prévention collective de ce stress au froid repose sur l’organisation du travail (favoriser l’exécution de certaines tâches à l’intérieur, prévoir un abri chauffé, prévoir une rotation du personnel et une alternance travail repos sur le type 90 - 120 minutes/20 minutes, apprendre à maîtriser les tâches complexes à la température ambiante avant de les accomplir au froid), l’amélioration du lieu de travail (installer des coupe-vent pour protéger des courants d’air, s’isoler du sol (protection en bois), l’adaptation du matériel (isolation des poignées et leviers des outils). La prévention individuelle repose sur les vêtements qui doivent respecter le principe « oignon ». Les vêtements doivent se composer de trois couches (pour que l’air entre les différentes couches assure une meilleure isolation) qui doivent répondre au principe « VIP » : V pour ventilation avec une couche intérieure (pas de coton, plutôt du synthétique ou un mélange laine-fibres synthétiques), I pour isolation avec une couche intermédiaire en laine ou duvet...), P comme protection avec une couche externe imperméable, résistante et antistatique. Les vêtements seront « COLD », C, c’est-à-dire propres (de Clean) sinon ils perdent leur capacité isolante, O (de avoid Overheating), réduisant la transpiration, L de Layers (en couches séparées) et D de dry, donc secs car les vêtements humides perdent de la chaleur 25 fois plus vite. Les moufles sont préférables aux gants. Les vêtements doivent être suffisamment longs pour ne pas exposer le dos ou les poignets au froid. Les chaussures auront des semelles antidérapantes en caoutchouc, une semelle intérieure amovible et une pointe en cuir. Deux paires de chaussettes sont souhaitables. Il est conseillé de porter également un col roulé ou une écharpe et un couvre-chef qui recouvre les oreilles et la nuque. Il faut prévoir des repas chauds en insistant sur les aliments à forte teneur en énergie (riche en graisses et en hydrates de carbone) et des boissons chaudes (soupe, bouillon) sans caféine et sans alcool (qui ont tous deux un effet déshydratant). Il est déconseillé de fumer (la nicotine augmente le risque de gelures par la diminution de la circulation du sang périphérique). Attention à certains médicaments dont les béta-bloquants qui provoquent une vasoconstriction périphérique et diminuent la tolérance au froid. Les premiers signes des gelures doivent être connus : douleur, picotements, zone de peau blanche, frissons, rougeurs des extrémités ; fatigue. Prévoir un réchauffage lent sans utiliser de source de forte chaleur.
(publié le 23 septembre 2008)