Les gants : une cause fréquente d’eczéma d’origine professionnelle

M.N. CRÉPY, B. FRANCUZ, M. GORODETZKY, D. CHOUDAT Archives des maladies professionnelles et de l’environnement. - 2008. - Vol. 69. - N° 3. - Pages 490-493. - Bibliographie

A partir de l’observation d’un cas d’eczéma de contact allergique d’origine professionnelle survenu chez une infirmière de 33 ans exerçant cette profession depuis 10 ans avec port régulier et fréquent de gants médicaux en latex, les auteurs rapportent des informations précises sur cette pathologie : données cliniques, nuisances à l’origine de cette pathologie, possibilités de prévention.

Dans l’allergie aux gants, il faut différencier l’eczéma de contact allergique de type « allergie retardée  » survenant 24 à 48 h après le contact, de l’urticaire de contact correspondant à une « allergie immédiate », survenant dans les minutes ou l’heure suivant le contact avec la substance responsable et disparaissant rapidement après arrêt de l’exposition. Le personnel de santé est le groupe professionnel le plus largement concerné par cette pathologie. Les additifs de vulcanisation, notamment les thiurames sont une des causes les plus fréquentes d’eczéma de contact allergique et les gants en caoutchouc en sont les causes majoritaires. Les thiurames ont été remplacés depuis une dizaine d’années par les dithiocarbamates (de grande similitude chimique avec les thiurames) qui sont actuellement très utilisés dans les gants médicaux en caoutchouc. D’autres allergènes peuvent être présents : d’autres additifs de vulcanisation, des antioxydants, le latex, ... Pratiquement tous les gants en caoutchouc, qu’ils soient en latex ou synthétiques contiennent des additifs de vulcanisation similaires. En revanche, les gants thermoplastiques (en PVC ou polyuréthane ou polyéthylène) n’en contiennent pas. La prévention repose sur l’éviction de tout contact avec l’allergène et l’information du patient sur les sources d’exposition.

(publié le 4 février 2009)