Addiction à la kétamine

La Revue du Praticien, Médecine Générale. - 2008. - Tome 22. - N° 799. - Page 341

Anesthésique rapide à usage médical et vétérinaire, classé comme stupéfiant, la kétamine a été détournée de sa fonction et est utilisée en Europe depuis les années 1990 par les jeunes adultes de 18 à 25 ans dans les soirées festives.

Elle se présente sous forme de comprimés ou de liquide et peut être mélangée à d’autres drogues et porte différents noms. Elle est consommée essentiellement par voie intranasale ou orale mais peut être injectée par voie intraveineuse ou intramusculaire.

Ses effets se produisent immédiatement après la consommation et se caractérisent par une forte sensation d’apaisement, une analgésie, une anxiolyse et une désinhibition qui durent de 10 à 40 minutes. Suit une phase hallucinatoire psychosensorielle de 4 à 6 h touchant la vision, l’ouïe, le temps et les mouvements créant un état de dissociation avec dépersonnalisation, déréalisation et expérience de mort clinique. Suit une « descente » douloureuse psychologiquement et physiquement. Un surdosage peut entraîner dépression respiratoire, arrêt cardiaque, convulsions, coma et mort subite. Le risque est majoré lors de la consommation d’alcool ou d’autres drogues psychoactives. Un usage régulier et prolongé peut induire d’importants troubles cognitifs et affecter la mémoire, l’attention, la concentration et les fonctions exécutives.

Il faut aussi tenir compte du risque infectieux lors du partage de matériel ou de rapports sexuels sous l’emprise de cette substance.

Il n’existe pas de solution pharmacologique spécifique de la kétamine et la prise en charge proposée combine des traitements symptomatiques et des thérapies comportementales.

(publié le 5 février 2009)