Addiction et conduites dopantes.
1ere partie tabac

B. DAUTZENBERG La Revue du Praticien. - 2008. - Vol. 58. - N° 30. - Pages 893-898. - Bibliographie

27 % des Français fument quotidiennement.

C’est ainsi que la France compte 13,5 millions de fumeurs et chaque année 66 000 Français meurent prématurément du tabac et perdent alors 20 années de vie. Le tabagisme est responsable de la survenue ou de l’aggravation de nombreuses maladies : cancers (responsables de 40 % des décès attribuables au tabac), maladies cardio-vasculaires (angine de poitrine, accidents vasculaires cérébraux, anévrisme de l’aorte, artérite des membres inférieurs), maladies respiratoires (BPCO, histocytose X, aggravation d’un asthme, doublement de la fréquence des pneumonies à pneumocoques et à Legionella pneumophila), pathologies de la grossesse et de la petite enfance (placenta praevia, petit poids de naissance, mort subite du nourrisson, otites, bronchites, gastroentérites) et nombreuses autres pathologies aggravées (DMLA, retard à la consolidation osseuse après chirurgie, anomalies de cicatrisation, ostéoporose, agueusie, anosmie...). Le diagnostic du tabagisme repose sur l’interrogatoire et un bilan clinique qui apprécie la dose quotidienne, la durée du tabagisme, la dépendance, le stade de préparation à l’arrêt. Aucun examen complémentaire n’est indispensable.

Les bénéfices de l’arrêt s’échelonnent dans le temps ; ils vont de quelques heures pour la correction de l’hypoxie à quelques années pour la diminution du surrisque de cancer.

L’arrêt est à proposer en première intention associant prise en charge psychologique, alimentation équilibrée, activité physique et médicaments (varénicline, substitution nicotinique ou bupropion).

La réduction du tabagisme est à proposer en deuxième intention chez les fumeurs qui ne veulent ou ne peuvent s’arrêter de fumer complètement.

Si l’arrêt du tabac est toujours préférable, cette alternative réduit néanmoins le tabagisme et certains risques liés au tabac et augmente la confiance du malade dans sa capacité d’arrêter complètement et augmente le nombre d’arrêts dans l’année. La moitié des fumeurs qui ont arrêté rechutent dans l’année qui suit. La prévention fait appel à des thérapies cognitives et comportementales, aux substituts nicotiniques et en particulier aux formes orales.

(publié le 5 février 2009)