Alcool, cannabis, médicaments... le BTP brise le silence

M. DURCY, A. GARNIER Prévention BTP. - 2008. - N° 108. - Pages 38-47

D’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), près de 10 millions de Français auraient une consommation régulière d’alcool (3 fois par semaine), 3,8 millions de médicaments psychotropes et 1,2 million de cannabis ; il s’ensuit que les dangers sur le lieu de travail ne sont pas négligeables surtout dans un secteur à risque comme le BTP. 10 à 20 % des accidents du travail seraient dus à l’usage de produits psycho-actifs. Les entreprises ont conscience du problème : 85 % des DRH interrogés jugent importants les risques liés aux addictions, 45 % avouent se sentir démunis face à un problème d’alcool et 56 % de cannabis. La prévention passe par une analyse des « postes de sécurité », une politique associée à un dépistage au sein des entreprises dans un objectif de responsabilisation des salariés et non de répression.

L’information doit concerner tous les niveaux hiérarchiques : employeurs, encadrement, délégués du personnel, salariés : « il faut qu’au plus près de terrain, les gens se parlent, en parlent mais pas n’importe comment ». Les médecins du travail ont encore du mal à questionner les salariés sur leur consommation de substances psychoactives et les compagnons ne sont pas sensibles à leur discours concernant la santé. Il vaut mieux, selon un intervenant extérieur sur les questions de prévention liées aux pratiques addictives dans le milieu de travail « les informer sur la vitesse d’élimination des produits qu’ils consomment, les risques pénaux qu’ils encourent, la sécurité routière ou encore les méthodes de dépistage ». Il faut communiquer sur des exemples concrets et ne pas oublier que 85 % des jeunes en CFA fument du cannabis tous les week-ends et 98 % consomment de l’alcool ; ce sont les mêmes qui se retrouveront sur les chantiers dans quelques années. Le dépistage en entreprise qui est une possibilité d’intervention est strictement encadré et lorsqu’il est mis en place, il doit être l’occasion de développer un plan de prévention global.

(publié le 5 février 2009)