Hypertension artérielle : nouvelles recommandations européennes

B. CHAMONTIN Le Concours Médical. - 2008. - Tome 130. - n° 2. - p. 55-58. - Bibliographie

Le niveau de risque cardio-vasculaire (RCV) d’un hypertendu est en lien avec la fréquence des facteurs de risque métaboliques, l’atteinte des organes cibles et l’existence de complications cardio-vasculaires. L’atteinte des organes cibles est objectivée par une hypertrophie ventriculaire gauche, une microalbuminurie, la diminution du débit de filtration glomérulaire en deçà de 60 ml/minute, les marqueurs vasculaires tels que l’épaisseur intima-media carotidienne (> 0,9 mm ou présence d’une plaque d’athérome), l’étude de la rigidité artérielle par la mesure de la vitesse de l’onde de pouls (> 12 m/s) et l’index systolique (< 0,9). Le pré requis de la prise en charge de l’hypertendu reste une mesure validée de la pression artérielle (PA). L’utilisation de l’automesure est entérinée et la MAPA est plutôt proposée pour évaluer le mode de variation de la PA nocturne et rechercher une variabilité inhabituelle de la PA. L’objectif du traitement de l’HTA est de réduire le niveau de RCV des patients à long terme. Les objectifs à atteindre seront selon les situations une PA < 140/90 mmHg ou une PA < 130/80 mmHg.

Cinq classes d’antihypertenseur peuvent être utilisés en monothérapie ou en combinaison : les bêtabloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II), les diurétiques thiazidiques et les inhibiteurs calciques. En ce qui concerne le diabétique, l’objectif est une PA < 130/80 mm Hg avec la nécessité de la mesure de la PA en position debout afin de dépister une hypotension orthostatique.

Pour l’insuffisant rénal, l’objectif d’une PA < 130/80 mm Hg doit être revu à la baisse si la protéinurie est > 1 g/24 heures. En cas de maladie cérébro-vasculaire, l’enjeu du traitement antihypertenseur est non seulement la prévention de la récidive mais aussi celle de l’altération de la fonction cognitive et de la démence. Il n’existe pas dans ce cas, de bénéfice en soi à réduire la PAS en deçà de 120 mm Hg. Le patient sera informé du risque de l’hypertension, du bénéfice du traitement, de l’intérêt des mesures hygiénodiététiques associées, des possibles effets secondaires du traitement et de la nécessité d’une observance médicamenteuse.

(publié le 9 décembre 2008)