La dépression augmente-t-elle le risque de développer un diabète de type 2 ?

Does depression increase the risk of developing type 2 diabetes ? M. COSGROVE, L. SARGEANT, S. GRIFFIN Occupational Medicine. - 2008. - Vol. 58. - N° 1. - Pages 7-14. - Bibliographie

Les membres d’un jury attribuant des pensions pour accident et maladie liés au travail peuvent alléguer que la survenue d’un diabète a été accélérée ou causée par une dépression nerveuse induite par le travail de manière à réclamer l’attribution d’une pension.

L’objectif de cette enquête britannique était de quantifier l’association entre la dépression et le développement consécutif d’un diabète de type 2 afin de déterminer si un individu qui développe un diabète de type 2 - dans le cadre d’un jury qui attribue des pensions - pourrait se voir attribuer une pension si l’apparition de son diabète a fait suite à un épisode dépressif en rapport avec son travail. Les auteurs ont procédé à des recherches bibliographiques, électroniques et manuelles, jusqu’en 2006. Les estimations du risque relatif émanant d’enquêtes de cohorte chez des adultes ont été regroupées en recourant à des modèles d’effets fixés et aléatoires. La fraction de risque attribuable a été calculée au moyen de la formule de Levin.

La présence d’une dépression ou de symptômes dépressifs était associée avec une augmentation du risque de développer ensuite un diabète de type 2. L’estimation du risque relatif ajusté et pleinement regroupé à partir des trois enquêtes de la plus grande qualité était de 1,25 (IC 95 % : 1,02 à 1,48) et elle était homogène. Toutefois, la dépression n’était pas plus fréquente chez ceux avec ou sans diabète de type 2, mais non diagnostiquée antérieurement. En conclusion, la dépression est associée avec le développement consécutif d’un diabète de type 2. Cependant, l’estimation du risque relatif est petite et seulement 20 % des cas de diabète peuvent être attribués à la dépression chez des sujets qui réunissent les deux conditions. Une recherche ultérieure est nécessaire pour déterminer d’éventuels mécanismes causaux pour cette association et pour certifier dans quelle mesure la dépression et le diabète pourraient avoir une étiologie commune.

(publié le 4 février 2009)