Le tétanos en France en 2005-2007

D. ANTONA Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH). - 2008. - Nos 30-31. - Pages 273-275. - Bibliographie
Le tétanos est une maladie à déclaration obligatoire mais uniquement pour les cas de tétanos généralisés. Les connaissances sur la maladie sont complétées par le nombre de certificats de décès ayant pour cause le tétanos. On estime cependant que seulement 67 % des cas seraient déclarés. Au cours des dernières années (2005 à 2007), 41 cas de tétanos ont été notifiés. L’incidence des cas déclarés (0,28 cas par million d’habitants en 2005, 0,26 en 2006) a diminué en 2007 (0,13). Les cas concernent principalement des personnes âgées (âge médian des cas : 80 ans) et les femmes (75 %). Deux cas sont survenus chez des personnes jeunes : une fillette originaire du Surinam, après avoir été grièvement brûlée a développé la maladie ; elle avait très probablement bénéficié d’une vaccination incomplète contrairement à ce qui était noté sur son carnet de vaccination ; l’autre cas concernait une homme de 33 ans, blessé 3 jours avant l’apparition des signes (plaie du scalp pour laquelle il n’avait pas consulté) et qui ignorait son statut vaccinal. La porte d’entrée est souvent une blessure minime ; mais les plaies chroniques (ulcères variqueux, dermatoses) sont tout de même responsables de près de 10 % des cas. La durée d’incubation est d’environ 7 jours. Sur les 41 cas, 21 ont guéri sans séquelles, 13 sont décédés et 7 ont présenté des séquelles (difficultés motrices, complications ostéo-articulaires et de décubitus). La maladie ne confère aucune immunité et la seule prévention repose sur la vaccination qui est disponible depuis 1938 et obligatoire en France depuis 1952. Si la couverture est très bonne chez les enfants, elle diminue dès l’adolescence et est insuffisante chez l’adulte (une enquête menée en 2002 a montré que seulement 71,2 % des adultes se souvenaient avoir eu un rappel depuis moins de 15 ans). « Tous les cas et décès auraient pu être évités par une meilleure application de la politique des rappels anti-tétaniques, (tous les 10 ans chez l’adulte) et en cas de plaie, par la vaccination et l’administration d’immunoglobulines spécifiques humaines  ».
(publié le 4 février 2009)