Pratiques du tatouage et du piercing en France

N. KLUGER La Presse Médicale. - 2008. - Tome 37. - Nos 7- 8. - Pages 1109-1111. - Bibliographie

Un rapport remis en décembre 2007 par l’Académie de médecine souligne les risques potentiels des tatouages et piercings ; l’auteur de cet article juge certains points trop alarmistes et propose une mise au point.

En réalité, s’il existe des données fiables sur la fréquence des complications après piercing, le problème est différent pour les tatouages où les complications peuvent survenir jusqu’à plusieurs dizaines d’années après. Les complications bactériennes graves (septicémie, ostéomyélite, endocardite, syndrome de choc toxique ou glomérulonéphrite) ont surtout été rapportées après piercing. Elles sont néanmoins rares dans la littérature récente mais sont beaucoup plus rares encore après tatouage (exceptionnelles endocardites).

De telles complications surviennent le plus souvent en l’absence d’asepsie, hors de salons professionnels et/ou en l’absence de soins locaux. Les complications les plus fréquentes du tatouage sont les allergies ou réactions d’hypersensibilité aux encres de tatouage. « Les réactions lichénoïdes, granulomateuses, sarcoïdosiques et pseudolymphomateuses sont rapportées régulièrement depuis de nombreuses années  ». Elles sont néanmoins indépendantes de l’artiste qui effectue le tatouage et imprévisibles car inhérentes à la réaction de l’hôte. Reste le débat sur la contre-indication à effectuer une anesthésie épidurale en cas de présence d’un tatouage en région lombaire. Le risque de faire pénétrer dans le canal rachidien à l’occasion de l’effraction cutanée, des particules colorées ou métalliques reste selon l’auteur tout à fait théorique et aucune complication liée à ce geste n’a été rapportée à ce jour. Globalement les complications infectieuses pourraient être évitées par la diffusion des règles d’hygiène et d’asepsie dans les studios de tatouage et de piercing et l’information du grand public.

(publié le 4 février 2009)