Rage et milieu professionnel : où en est-on ?

V. CARON Documents pour le Médecin du Travail, DMT, 2008, n° 114, p. 291-294. - Bibliographie

La France a perdu son statut de pays indemne de rage en raison d’un chien contaminé au Maroc qui a transmis la maladie à deux chiens n’ayant jamais quitté le territoire français (morts en début 2008). Les cas de rage animale en France concernent soit des chauves-souris (4 à 5 sont diagnostiquées par an en France par examen anatomo-pathologique), soit des animaux importés ou ayant séjourné dans des zones à risque. En France, les cas de rage clinique humaine sont tous des cas d’importation (une vingtaine de décès depuis 30 ans). En 2006, plus de 8 000 personnes ont consulté un centre antirabique et 88 % d’entre elles ont été traitées à la suite d’une contamination survenue en France. L’animal enragé présente des troubles du comportement, devient « furieux » ou au contraire apathique. La transmission à l’homme se fait par inoculation de salive à partir d’une morsure ou du léchage sur une plaie ou d’une projection sur une muqueuse. L’incubation est longue, permettant de mettre en route un traitement dès la contamination supposée. En première intention, il faut nettoyer la plaie à l’eau et au savon de Marseille puis rincer abondamment et appliquer une solution antiseptique, consulter un médecin (vérification de la vaccination antitétanique, antibiothérapie éventuelle et orientation vers un centre spécialisé). L’animal sera mis en observation vétérinaire. Le traitement préventif comprend la vaccination complétée ou non d’immunoglobulines.

Les activités professionnelles à risque sont celles mettant en contact avec des animaux pouvant être enragés, celles qui nécessitent des déplacements en zone d’enzootie, les activités de diagnostic de la rage ou de fabrication des vaccins et appâts. La vaccination n’a pas un caractère obligatoire : elle est conseillée à un certain nombre de professionnels en fonction de l’évaluation des risques. La prévention suppose de ne pas entrer en contact direct avec des animaux sauvages vivant ou morts et pour les professionnels manipulant des animaux de porter des gants résistants, de se les laver les mains à l’eau et au savon après tout contact direct et de ne pas manger, fumer ou boire sur les lieux de travail. La vaccination préventive évite la sérothérapie mais ne dispense pas d’injections complémentaires en cas de contamination.

(publié le 4 février 2009)