Arrêt cardiocirculatoire

A. LANCELEUR, A. CARIOU La Revue du Praticien, 2008, vol. 58. n° 11, p. 1261-1267

L’arrêt cardiocirculatoire (AC) correspond à la cessation de toute activité mécanique efficace du coeur. Le pronostic de l’AC est globalement mauvais avec une survie immédiate d’environ 15 %. Il est étroitement dépendant de la rapidité de la prise en charge et du délai qui a été nécessaire au rétablissement d’une circulation spontanée efficace. L’âge moyen des victimes est d’environ 65 ans et la majorité des AC survient au domicile des victimes. Les causes sont multiples mais la plupart des morts subites sont d’origine primitivement cardiaque. Le premier enregistrement ECG est fondamental pour le diagnostic du trouble du rythme responsable de l’AC : il peut s’agir de fibrillation ventriculaire, de tachycardie ventriculaire non hémodynamiquement efficace (absence de pouls), d’asystolie ou de dissociation électromécanique ou rythme sans pouls (volontiers à la phase aiguë de l’infarctus du myocarde). La chaîne de survie, susceptible d’améliorer le pronostic de ces AC, comporte quatre maillons : alerte précoce des secours (le 15), réanimation cardiopulmonaire précoce, défibrillation précoce, et réanimation médicalisée précoce. Le diagnostic doit reposer sur les éléments simples et fiables. Pour le public, la reconnaissance de l’AC repose sur l’absence de signes de vie : victime inconsciente, ne bougeant pas, ne respirant pas ou respirant de manière franchement anormale. Elle doit se faire en 10 secondes et impose le déclenchement des secours et le début de la réanimation cardiopulmonaire (il n’y a aucun risque à démarrer la réanimation cardiopulmonaire qui peut être stoppée si la réalité de l’AC ne se confirme pas). La prise en charge des AC repose sur la réanimation cardiopulmonaire de base qui comporte une séquence d’interventions historiquement connues sous l’acronyme anglophone « A-B-C » pour « airways, breathing, circulation » (liberté des voies aériennes, ventilation, circulation). La défibrillation par choc externe sera réalisée le plus précocement possible et sera suivie immédiatement de deux minutes de réanimation cardiopulmonaire.

La réanimation médicalisée associera ventilation, mise en place d’un abord vasculaire pour utilisation d’un sérum salé isotonique en première intention et utilisation de médicaments (vasopresseurs, antiarythmiques, éventuellement atropine).

Les heures qui suivent une réanimation réussie sont fréquemment marquées par la survenue d’un syndrome post-arrêt cardiaque (état de choc). La mise en oeuvre d’une hypothermie modérée (32 à 34 °C) améliorerait le pronostic vital et neurologique des victimes de fibrillation ventriculaire extra-hospitalière, comateuses lors de leur admission à l’hôpital.

(publié le 22 janvier 2009)