Défibrillation automatisée externe : les nouvelles recommandations et leurs applications en France

P. CARLI, C. TÉLION La Presse médicale, 2008, vol. 37, n° 6. - Cahier 2, p. 1073-1078. - Bibliographie

L’arrêt cardiaque inopiné (AC) est responsable de près de 60 000 décès par an en France. La mort subite est principalement provoquée par la survenue d’une fibrillation ventriculaire. Ce trouble du rythme est pratiquement toujours mortel s’il n’est pas converti très rapidement par un choc électrique. Le délai avec lequel on rétablit la circulation spontanée est primordial. Il est donc important qu’un témoin de l’AC ou un intervenant de proximité immédiate soit capable de délivrer ce choc électrique. De nombreuses expériences de défibrillation par le public se sont montrées concluantes. Pour que cette démarche soit efficace, il faut mettre en place les défibrillateurs (semi-automatiques ou entièrement automatiques) de manière visible et dans des sites adaptés et il est important que le public ait reçu une information courte (apprentissage rapide de l’utilisation du matériel et de la réanimation cardiopulmonaire). 15 minutes de formation suffisent (en effet la réalisation de la réanimation cardiopulmonaire de base dans les premières minutes suivant l’AC peut être limitée aux compressions thoraciques du massage cardiaque externe sans associer la ventilation par le bouche-à-bouche). Cette mise en place d’un programme de défibrillation automatisée par le public ne doit pas paradoxalement retarder l’action des autres intervenants de la « chaîne de survie » et ainsi perdre de l’efficacité sur le pronostic.

La fiabilité des défibrillateurs externes est excellente dans la mesure où la maintenance des défibrillateurs est rigoureuse.

(publié le 22 janvier 2009)